Courtney Collins – Sous la terre

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« Qui n’a jamais entendu parler de Harry Houdini ? Le Grand Illusioniste. Le Roi de l’Évasion. L’homme le plus seul au monde. »

Comme quoi, on ne peut pas avoir du nez tout le temps. Non pas que ce roman soit une déception. De toutes manières, il peut pas en être une puisque je n’ai jamais placé d’espoirs dedans, pour la simple et bonne raison que je ne connais ni l’auteur, ni l’histoire. Ni même Jessie Hickman, cette australienne dont il est plus ou moins question. Je me suis plusieurs fois retrouvée à me forcer à ouvrir ce livre pour ne pas avoir à le ramener à la médiathèque, inachevé.

L’histoire est celle d’une bushranger, une femme voleuse de bétail qui est une représentation de la liberté sauvage, dans toute sa dureté. On ne peut que l’admirer, bien qu’on ne sache véritablement que très peu de chose sur elle, sur sa vie. Sur ce qu’elle attend de la vie. J’ai eu le sentiment que cette Jessie fictive avait pour première préoccupation de refuser la mort plus que d’accepter la vie. La preuve en est, elle n’a aucun scrupule à commettre le meurtre de son nouveau-né. Et le glauque ne s’arrête pas là, puisque c’est ce même bébé enterré qui est le narrateur tout au long du roman. Ce bébé qui, malgré les actes monstrueux de sa mère, ne peut que l’admirer et l’aimer, nous dévoiler des parties de sa vie comme pour nous dire « voyez quelle vie Jessie a dû subir. Alors, ne lui en voulez pas s’il vous plait. ». Cette femme n’est pas dépourvu de sentiments bien que ça soit l’image qu’elle renvoie. Elle refuse seulement de s’autoriser à ces sentiments, comme si elle ne les méritait pas ou comme si ils risquaient de blesser ceux vers qui ils étaient destinés. Jack Brown, Andy Barlow, le gang de la montagne.. Ils font tous partie de sa vie à un moment ou à un autre, mais sa vie, sa liberté, elle ne la doit qu’à elle-même.

Concernant l’écriture de l’auteur, je pourrai relater combien les descriptions nous amènent immédiatement au fin fond de ces terres australes, sauvages et au temps des cow-boys. Mais malheureusement, j’ai été aveuglée par une formule. Une formule dont je ne suis pas familière, et qui est apparue, sans exagération, plus d’une dizaine de fois au sein du roman. « Pousser plus loin ». Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que cela voulait simplement dire « atteindre » un certain lieu. Peut-être que je l’avais déjà rencontrée autrefois dans un autre récit. Mais dans celui-ci, j’ai eu l’impression que l’auteure en abusait un peu. Rien de dramatique en soit, mais je ne parvenais pas à empêcher un petit sourire en coin lorsque mon regard croisait ce début de phrase.

Pour résumer, nous sommes obligés de finir admiratif devant la rage qui sommeil en Jessie. Aussi sombre qu’ait été sa vie, elle ne nous inspire aucun sentiment de peine, la pitié ne lui correspond pas. Bien que ce roman ne m’ait pas plus transporté que cela, je suis heureuse de na pas en avoir interrompu la lecture, pour les rares révélations finales. Mais il me faut bien avouer que j’aurais apprécié que certains passages passés sous silence soient davantage développés, voire révélés plus tard. Notamment le prologue, portant le triste nom de « Prélude à la mort ».

« Et alors, en me sentant faire dans mon cœur un vœu pour sa liberté, je l’ai entendue. Une note unique, chatoyante. Elle disait : « Je suis là. »


• Ma note : 11/20 •

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