Philippe Laflaquière – Longues peines, le pari de la réinsertion

Avant de vous parler de livre, il me faut passer par un inévitable « racontage de vie ». Mes cours commençant à m’envahir tout moment de temps libre, j’ai décidé de mettre de côté mes allées et venues à la bibliothèque de peur de ne plus avoir le temps de lire dans le temps imparti. Mais je ne me voyais absolument pas ne plus lire, donc je me suis décidée à passer une commande internet. J’avais une idée bien précise de roman.. Les mille et une guerres de Billy Milligan par Daniel Keyes. Tout ceci vous rappelle quelque chose n’est-ce pas ? Eh bien figurez-vous que je n’en suis pas à ma première tentative pour me procurer ce fameux bouquin. Il y a plus de 6 mois de cela, je n’avais trouvé ledit livre que sur Amazon, livre de poche à 40 et quelques euros. Je me suis fortement méfiée, et l’économe que je peux être a eu raison de ma volonté. Me revoilà aujourd’hui avec ce regain de ténacité et surtout l’espoir que le temps aura oeuvré pour la réduction du prix. Erreur, le livre avait tout simplement doublé la somme.. Cette fois-ci, je ne m’avoue pas si facilement vaincue et part traquer l’ensemble des sites et leurs offres. Fnac ? 126€. Autant vous dire que quand je tombe sur celui de GibertJoseph, neuf à 19 €, je cherche pas midi à quatorze heure et l’ajoute immédiatement à mon panier. Pour m’éviter les frais de port, je me motive pour un autre achat : le présent ouvrage pour lequel mon avis ne saurait tarder (c’est l’objet de cet article après tout). Pour abréger nos souffrances, je vous le donne en mille (et sans mauvais jeu de mot) : Les mille et une guerres n’est plus disponible chez leur fournisseur, par conséquent ils ont modifié ma commande pour l’en retirer. Voilà, je suis donc condamnée à ne jamais pouvoir lire la fin de l’histoire de Billy Milligan. Frustration extrême.

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« D’abord un visage. Un homme croisé à la fin des années soixante-dix , dans les couloirs du centre de détention de Muret, où j’effectue alors le stage pénitentiaire prévu pour les élèves de l’Ecole Nationale de la Magistrature.« 

J’ai commandé ce livre pour rester dans l’esprit de la vie carcérale et de la représentation sous divers angles que l’on peut se faire des détenus. Il a beau faire tout de même plus de 200 pages, quand j’ai vu la taille de la police, je me suis dit c’est bon, un truc qui va être bâclé en deux-deux. Et bien j’avais tort. Pourtant ce livre se lit très facilement, mais je refusais de dévorer chacune des anecdotes immortalisées dans un chapitre à part entière, pour passer à une autre. 14 chapitres, 14 détenus. Il s’agit de l’oeuvre d’un véritable Juge d’application des peines (JAP), un témoignage franc, sans en rajouter des tonnes pour côtoyer la fiction, ni même ô grand jamais la pitié. Il s’agit d’un véritable outils pour nous redonner foi en l’humanité, d’en finir avec le pessimisme.

Peut-être faudrait-il que je (re-?)précise que je suis étudiante en Droit. Loin d’être une vocation, cela a plus été un choix par défaut. Et c’est la première fois qu’une branche de ce domaine me parle tant (d’où l’impressionnante vague de post-it). Mais assez parler de ma petite personne.. J’ai appris tant de choses a travers les mots simples de ce magistrat. Il est même prévu un petit glossaire à la fin pour ceux qui ne manieraient pas forcément les termes de droit pénal. Si vers la fin, l’auteur donne une légère impression de prétention, celui qui choisit ou non du sort d’un détenu quant à sa possible réinsertion dans la société, il y a, tout au long de l’ouvrage, la présence d’autres agents comme les conseillers d’insertion et de probation. C’est eux qui œuvrent efficacement à la réinsertion, le juge n’étant là surtout que pour le poids de la décision qu’il est amené à rendre. Cette reconnaissance de l’auteur existe, et je la trouve remarquable.

Je suis très heureuse de mon achat, je n’en suis pas très bavarde, mais je le conseille a tous et à toutes, j’aime l’ouverture d’esprit qu’il propose. Ca n’est pas un roman avec une intrigue, mais l’enrichissement qu’il vous procure n’est pas à négliger.

« Croire en l’autre. Du « Petit Taureau » à la petite femme en noir, du corbeau de Nougaro au piaf d’Edith, la conclusion arrive naturellement, d’un simple battement d’ailes : « Non, je ne regrette rien… » »

 


• Ma note : 17/20 •

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