Delphine de Vigan – No et moi

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J’étais au collège, et plus précisément en troisième, lorsque j’ai entendu parler de ce roman la première fois (autant vous dire que je ne fais même plus le calcul des années !) Une très bonne amie à moi m’en avait parlé, c’est pourquoi en tombant dessus à ma médiathèque, j’ai buté. Impossible de me souvenir ce que mon amie m’en avait dit alors, mais je n’ai même pas eu besoin de lire la 4ème de couverture pour m’en saisir : si une amie me conseille un livre, je fonce sans chercher à comprendre. Vous voulez que je vous dise ? Mes amies sont toujours de très bon conseil !

L’histoire : On suit la jeune Lou Bertignac, élève surdouée de 13 ans déjà en seconde. Très peu intégrée dans sa classe, elle redoute le passage des exposés plus que tout et spontanément, elle choisit le sujet des femmes sans-abri. Avec interview et témoignages à l’appui. C’est No, jeune SDF de 17 ans qui alimentera son projet, pour devenir bien plus que ça.

Mon avis : Tout d’abord, j’ai vite compris qu’avec un thème comme celui-ci, ce roman allait me toucher. Je ne suis pas une fille de la ville, ainsi quand j’ai commencé mes études au sien d’une métropole, j’ai découvert de mes propres yeux ce dont je n’avais jusqu’alors qu’entendu parler par les journaux. Depuis, je ne cesse de me demander « y’a t-il pire que de ne pas/plus avoir de chez soi? ». L’histoire de No et sa relation avec Lou ne m’en a que davantage brisé le coeur.

Tout m’a plu dans ce livre, alors même que je n’irai pas jusqu’à parler de coup de coeur. La plume de l’auteur nous donne vraiment l’impression d’être dans la tête de Lou, avec les millions de questions qui lui traversent sans cesse l’esprit. Avec ses yeux à elle, loin de ceux des adultes dont la vision est obstruée par cette idée que les choses sont ce qu’elles sont, et qu’elles sont donc plus compliquées qu’il n’y paraît.

Lou est très mature pour ses 13 ans, d’une curiosité maladive que j’admire profondément. J’aime la façon qu’elle a de rajouter « et tout » à ses fins de phrases et de pensées. C’est un personnage que j’adore tout simplement. Déjà, elle est gauchère. J’ai toujours rêvé d’être gauchère, juste pour ne pas être comme la majorité des gens. Rassurez-vous, je vis tout de même très bien avec le fait de n’être qu’une droitière. Lou est également une encyclopédie sur pied, elle a sauté deux classes, et pourtant, elle n’a jamais su faire ses lacets. Je suis persuadée que l’intelligence n’a rien à voir avec ça, il s’agit de petites choses du quotidien qui sont passées à la trappe durant notre développement voilà tout. De mon côté, je suis incapable de trouver ma droite ou ma gauche sans jeter un oeil furtif en direction des bijoux que je porte (l’or étant mon métal favoris, obligée de le coller à gauche).

Je ne me suis pas attachée à No comme à Lou, car No est une fille indépendante pour laquelle on ne veut pas s’attacher car ce n’est pas de sa nature d’être « apprivoisée » comme le dit si bien Lou. Mais c’est un personnage qui vous donne des pincements au coeur, pour lequel vous espérez un horizon meilleur.

Ce que j’ai aimé relever : A plusieurs reprises, Lou liste le nombre de choses incroyable que l’Homme réussit à faire en évoluant, tout en terminant sur le fait qu’il est capable de laisser inchangée la situation des sans-abris. A raison de 3 ou 4 dans le roman, ces paragraphes nous font tellement réfléchir.

J’ai bien ri à un passage où Lou nous raconte un souvenir de goûter chez Tante Yvonne, plutôt  Prout-Prout comme femme (j’avais pas mieux sorry !). Dans sa tête, elle se répète sans cesse qu’elle doit se conduire de manière correcte et polie, et qu’elle doit dire à cette Tante combien ces mets sont exquis. Et là, Lou  fait une chose que je pense nous somme beaucoup à redouter. Quand vous pensez très fort à quelque chose de très déplacé que vous ne devez ABSOLUMENT pas faire, n’avez vous pas peur que dans un accès de folie, votre corps le fasse précisément ? Eh bien, Lou l’a fait. « Tante Yvonne, c’est dé-gueu-lasse ».

Quelques citations :

◊ Mon cahier est plein, j’ai fait des recherches complémentaires sur Internet, j’ai regroupé des articles, découvert des enquêtes, j’ai synthétisé des chiffres, des statistiques, des tendances, mais rien de tout cela n’a de sens, rien de tout cela n’est compréhensible, même avec le plus gros Q.I. du monde, je suis là, le coeur en miettes, sans voix, en face d’elle, je n’ai pas de réponse, je suis là, paralysée, alors qu’il suffirait de la prendre par la main et de lui dire viens chez moi.
◊ La dame du bar d’en face a recueilli le chien de Mouloud. Les chiens on peut les prendre chez soi mais pas les SDF.
◊ Elles marchent comme si elles allaient quelque part.
◊ Quand on me demande ce que je veux faire plus tard, je réponds médecin urgentiste ou bien chanteuse de rock, ça fait sourire les gens, ils ne voient pas le rapport, mais moi oui.
◊ Certains secrets sont comme des fossiles et la pierre est devenue trop lourde pour la retourner.
◊ Moi je suis peut-être utopiste, n’empêche que je mets des chaussettes de la même couleur, ce qui n’est pas toujours son cas. Et pour exhiber une chaussette rouge et une chaussette verte devant trente élèves, on ne m’ôtera pas de l’idée qu’il faut avoir un petit coin de sa tête accroché dans les étoiles.

•Ma note : 16/20•

 

 

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’aime beaucoup tes chroniques : elle est longue, détaillée, précise et tu donnes vraiment envie de découvrir le livre ! No et moi me tente vraiment !
    Je vais continuer à regarder ton blog parce que pour le moment j’adore !
    Bonne soirée

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    1. Wahou ca me touche énormément.. merci ! Surtout venant de toi, dont l’insta est une référence sur la bookosphère !!

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      1. Omg c’est vraiment trop adorable merci merci !! 😳😍

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  2. Ohh j’ai bien envie de le découvrir ! 🙂

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    1. J’ai appris il n’y a pas si longtemps qu’il existait une adpatation cinématographique (de laquelle est tirée la couverture d’ailleurs) 🙂

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  3. ogrimoire dit :

    Un très bon roman et beaucoup de larmes !

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