Toni Jordan – Tu pourrais rater intégralement ta vie

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Les titres à rallonge m’ont toujours laissée perplexe. Je trouve que ça demande un certain cran, comme choix d’auteur, comme si plus il y avait de lettres, plus la promesse que le livre sera grandiose est grande. Le dernier long titre que j’ai en tête est l’un des thrillers de la trilogie Millénium, que j’ai adorée. Et dans un genre totalement antagoniste, j’ai adoré Tu pourrais rater intégralement ta vie.

« Il possède sans doute un dictionnaire anglais/klingon »

L’histoireGrace Lisa Vanderburg a 35 ans. Elle compte. Tout. Tout le temps. Les lettres de son nom (19). Les pas qui la mènent au café (920). Les poils de sa brosse à dents (1768). Les graines de pavot sur sa tranche de gâteau. Autant de chiffres qui ordonnent son existence réglée comme du papier à musique. Quand entre en scène Seamus Joseph O’Reilly (un autre 19), un bel étranger qui n’a pas peur de ses manies, un dilemme ne tarde pas à s’imposer â elle: les chiffres ou la vie ? Pour préserver leur fragile idylle, l’excentrique Grace est-elle prête â perdre le fil de ses additions ? 

Mon avis : Je me suis sentie obligée de choisir cette citation là pour introduire ma chronique, parce que ça ne pouvait coller davantage à The Big Bang Theory avec cette référence à Star Trek. Et pourtant, ne vous y méprenez pas : Grace n’est en rien la version féminine de Sheldon Cooper. Elle est brillante, obsessionnelle, mais elle est surtout la reine du sarcasme. J’A-DO-RE. Elle m’a fait mourir de rire plus d’une fois, le genre de personne que j’aurais aimé rencontrée parce qu’elle en vaut le détour. Et sa petite nièce Larry est prometteuse dans son genre aussi.

Je ne connais ni l’auteure ni même l’édition de ce roman, mais le dos orangé a attiré mes yeux par une journée printanière à la médiathèque. Une très belle surprise, un roman qui pose une réflexion sur la normalité, et qui m’a par là, rappelé Dans chacun de mes mots. Mais contrairement à notre jeune Sam, Grace est une adulte qui se contrefout du regard des autres et qui se rit de leur banalité. Jusqu’au jour où elle rencontre Seamus, pour qui elle connaîtra la volonté de changer. Mais à quel prix ?

Puisqu’il me faut rester un minimum objective, parlons des points faibles de ma lecture. Ils sont ridicules : Primo, une incohérence. On apprend au début de l’histoire que Seamus est né un 5 janvier, et une centaine de pages plus tard, il est passé au 10 janvier. Secundo : il y a un passage sur le vomi raconté par des hypocondriaques qui m’a donné des hauts-le-cœur. Mais ça m’est relativement propre, je suis émétophobe sur les bords (+1 de culture gé pour les curieux qui sont allés chercher la définition. Laissez, c’est pour moi).

Ce que j’ai aimé relever : J’ai appris tellement de choses avec Grace. Je ne peux pas dire qu’elle ait une intelligence hors du commun. Alors oui, elle connait des détails et anecdotes assez remarquables, mais ça, c’est pas de l’intelligence. Elle parle bien de ce qu’elle connait, et comme elle ne parle que de ce dont elle connait, on dirait une lumière. Toujours est-il que grâce à Grace (sans mauvais jeux de mots), j’ai eu la curiosité d’en apprendre davantage sur l’inventeur Nikola Tesla. Enfin, j’ai daigné chercher qui il était, pour en apprendre davantage encore aurait-il fallu que je le connaisse au départ. Et je peux désormais briller en société en vous apprenant que sur les montres dont les heures sont indiquées par des chiffres romains, le 4 est représenté par un IIII et non pas par un IV. HA-HA ! Ca vous en bouche un coin, pas vrai ?

Cet article risque d’être une éloge à Grace mais.. cette fille est surprenante. Elle est prise de moment de vulgarité avec le petit juron qui fait plaisir. C’est un art qu’elle manie remarquablement. Ca me fait penser aussi, qu’il y a quelques petits passages « érotiques » très rapides , qui se fondent parfaitement bien dans l’histoire. Juste ce qu’il faut. Je préfère juste prévenir.

Je vous préviens également qu’il ne faut pas avoir peur des nombres. Cette fille compte absolument tout. Pour une bachelière scientifique spécialisée en maths qui a atterri en 4ème année de Droit comme moi, c’est une bouffée d’air frais (non, non, j’exagère à peine).

Il s’agit de mon second roman se déroulant en terre australe (Courtney Collins – Sous la terre) mais le premier où les saisons sont abordées, et je ne me suis faite que difficilement à « la période hivernale de juin juillet et août ».

Quelques citations :

◊ Si je ne peux pas m’assoir, je ne pourrai pas commander mon gâteau et mon chocolat, et si je ne commande pas mon gâteau je ne pourrai pas compter les graines de pavot et je ne saurai pas combien prendre de bouchées, et si je ne mange pas mon gâteau, je ne le finirai pas et alors comment saurai-je quand je dois rentrer chez moi ?
◊ Il est parfois très difficile de convaincre quelqu’un qu’on est malade. Il peut être aussi difficile de convaincre quelqu’un que l’on va bien.
◊ Aujourd’hui, tout ce qui importe aux médecins, c’est que les humains deviennent le plus possible identiques. Proches de la moyenne.

•Ma note : 16/20•

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Loulou_cls dit :

    Alors la je ne connaissais pas du tout mais merci pour la découverte, je l’ajoute a ma wishlist !! 🙂

    Aimé par 1 personne

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