Véronique Vasseur – Médecin-chef à la prison de la Santé

 

 

Le livre parfait pour mes trajets quotidiens de tram. Des petits paragraphes, après lesquels on peut s’arrêter sans souci de cohérence !

 

La quatrième de couverture : A sa parution au début de l’année 2000 ce livre a été un coup de tonnerre, suscitant réactions et polémiques, dans l’administration pénitentiaire, le monde politique, les médias, l’opinion. Médecin de garde durant huit ans, puis médecin-chef dans cette prison située au cœur de Paris, Véronique Vasseur témoignait d’un quotidien hallucinant, parfois insoutenable : conditions sanitaires et médicales scandaleuses, mais aussi trafics, prostitution, tracasseries, délations, suicides, dans un entassement humain où le sans-papiers côtoie le VIP, où le petit délinquant vit avec le terroriste. Privés de liberté, les condamnés doivent-ils pour autant être soumis à des conditions de vie dégradantes, voire inhumaines ? C’est la question que ce témoignage, où le vécu et la réflexion se livrent sans fard et sans préjugé, posait – et pose encore – à une démocratie qui se voudrait moderne et respectueuse des droits de l’homme.

 

« Je suis un peu confidente, un peu assistante sociale, et parfois médecin »

 

Mon avis : Plus la peine d’expliquer le pourquoi du comment j’ai choisi de lire un tel livre, avec un tel sujet. Je sais pertinemment qu’après toutes ces années (parution 2001), les choses ont bougé dans les prisons françaises, et heureusement, parce que croyez-moi, y’a pas que du jojo là-dedans. Il n’empêche que ce bouquin-là reste une sacrée référence en la matière, il me le fallait donc.

Très honnêtement, j’étais plutôt sceptique dans les premières pages. Trop de détails me freinaient : le thème carcéral occulté par la prédominance du médical (bon, ok, là je l’ai un peu cherché en même temps), et surtout, l’écriture froide, brusque, j’oserai même dire diagnostiquaire de l’auteure. Tout s’enchaîne très vite, une phrase ou deux phrase par détenu. Comme un tri sur le volet. Par la suite, je ne sais pas si c’est parce que je m’étais habituée ou parce que le domaine pénitentiaire reprenait ses droits, mais j’ai été bien plus prise dans ma lecture.

J’ai adoré ce que j’y ai appris, le meilleur de l’homme, comme le pire. Tout n’est que paradoxe dans la prison, et cela ressort très nettement dans les mots de l’auteure. Un jour elle est excédée par le comportement des détenus, et le lendemain elle affirme que ce n’est que grâce et pour eux qu’elle tient dans le rythme de ce boulot épuisant. J’ai eu tout simplement l’impression qu’elle se battait pour eux, pour leurs droits, mais qu’à aucun moment elle ne souhaitait qu’ils n’en aient conscience. J’ignore si mes impressions sont exactes ou non, mais j’avoue avoir été admirative, car le monde a besoin de personne comme Véronique Vasseur (la vraie ou la supposée par moi-même), ces personnes qui veulent faire avancer les choses, sans rechercher de remerciements derrière, juste parce que c’est ainsi qu’auraient dû être les choses depuis le début.

 

« En prison, les principales maladies sont l’ennui et l’oisiveté »

 

Ce que j’ai aimé relever : Mon livre est bourré de post-it de deux couleurs différentes : les roses sont pour les anecdotes qui m’ont scotchée, de manière positive ou non, puis les jaunes sont les citations qui m’ont plue. Donc c’est parti pour les anecdotes !

Dans la prison de la Santé (et possiblement ailleurs j’imagine..) il y a des quartiers différents, pour détenus différents. Quartier disciplinaire, quartier VIP (#BernardTapie), et puis il y a le quartier des spéciaux. Seul le mot m’a fait enrager, car je comprends tout à fait que cette partie-là de la population pénale soit isolée des autres, pour de pures questions de sécurité à leur égard. Mais dans quel monde appelle-t-on les personnes transsexuelles des « spéciaux », sur le simple prétexte qu’elles n’ont pas encore subi d’intervention chirurgicale de modification du sexe biologique ?!

Aux premiers jours de l’auteure dans la prison, on lui signale une liste de médicaments à donner en priorité, puisqu’il s’agit de médicaments périmés. OKLM. Ils se sont crus retournés avec les médecins nazis qui tentaient des expériences sur des humains ? (coucou Hippocrate aux enfers)

 

« J’étais arrivée par curiosité, je suis restée par passion »

 

Quelques citations :

◊ En une journée, j’ai compris ce que signifie être enfermé. 
◊ C’est incroyable de voir le comportement des gens, ici… rien de mitigé : soit ils se dévouent pour aider leur prochain et améliorer le sort de ces pauvres bougres, soit ils se vengent sur eux de leur aigreur, de leur propre médiocrité. 
◊ J’interviens pour qu’on l’éloigne de ses tortionnaires, mais du moment qu’il n’y a pas de mort, tout le monde s’en fout. 
◊ En fait, tout est organisé pour casser les détenus, pour les briser. 
◊ Il faut dire que tout va bien, alors que tout va mal. 
◊ C’est une déclaration d’amour et je n’ai pas envie de rire ni de sourire. Elle fait mal, elle a l’air sincère. 
◊ La prison déstructure, elle vide de l’intérieur, elle prive le détenu de toute intimité. 

 


•Ma note : 7/10•

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