Dannie M. Martin – L’homme de plonge

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J’ai été, encore une fois, victime des masses critiques babelio, sans être sélectionnée : donc j’ai acheté !

 

La quatrième de couvertureBill Malone est un homme libre. Après quatorze ans passés en prison, il se retrouve dehors, sous le soleil écrasant de Californie. Échoué dans un motel miteux, il se laisse néanmoins apprivoiser par la manageuse, Gail, et sa fille June, une adolescente malicieuse un peu perdue. Bill accepte même un petit job de plongeur, parce qu’il est prêt à laver toutes les foutues assiettes sales du monde pour rester là, oublié de son passé. Mais les joies simples ne sont pas exemptes de fragilité. Le danger et la violence sont plus proches qu’il le croit…

 

« Sa dernière pensée, avant de glisser dans le sommeil, fut pour espérer qu’il n’avait rien laissé d’autre en prison, sinon sa jeunesse »

 

Mon avis : Un ex-détenu, auteur d’un roman abordant la vie d’un ex-détenu à sa sortie de prison. Autant agiter une pancarte « coucou Chloé, c’est pour toi », on aurait gagné du temps ! Et pourtant, bien que j’ai apprécié ma lecture, ce n’est pas la plus marquante en la matière. Car le thème est plutôt vu et revu sur ce blog : un ancien taulard qui redécouvre ce qu’est vivre en société, se lit d’amitié avec un gamine, mais n’est jamais à l’abri des emmerdes que d’autres ont a lui apporter… on l’a dans Rédemption de Vanessa Ronan. Et en mieux. En fait, ce qui m’a un peu dérangé dans L’homme de plonge, c’est l’absence de construction des liens entre Malone et les deux nouvelles femmes de sa vie. Je n’ai pas été convaincue par ces relations, pour lesquelles j’ai trouvé l’attachement trop rapide, et pas en accord avec la personnalité de notre détenu. Ou du moins, avec l’image que je m’en suis faite, à savoir un type plutôt froid, pas aider dans le relationnel (14 ans de taule, ça n’aide pas j’imagine) et surtout très peu bavard sur sa vie et en général.

Ce détail qui a pu me gêner représente une grosse part du bouquin, et pourtant ça ne m’a pas tant dérangée que ça, étonnamment. Parce qu’il y a plein de choses à côté qui ont su relever le niveau. J’ai beau avoir été dubitative face à la relation de Bill Malone avec June et Gail, j’ai été totalement prise et attendrie par celle qu’il peut avoir avec Frances, l’ancienne prostituée de son père, badass comme jamais et qui veille en silence sur lui. Leona, la serveuse du resto où il fait la plonge, qui le surnomme LP pour la plonge justement. Celle-ci a rencontré tout récemment Malone, tout comme Gail, et pourtant, les sentiments qu’elle a à son égard m’apparaissent plus profonds. Elle ne le juge pas, et elle lui voue une confiance aveugle qui m’a touchée. Et mon préféré, dans tout ceci : Campbell. L’agent de probation de Malone. Les deux entreront que très rarement en contact, et pourtant, Campbell choisira de faire confiance coûte que coûte à son ex-détenu.

Je vais peut-être (sûrement en fait) rapidement occulter les détails de ce roman, mais je n’oublierai jamais combien j’ai aimé l’ambiance qui s’en dégage. Je n’ai pas su déterminer la décennie dans laquelle on se trouve, ça sent qu’on frôle la fin des 1970’s alors que je sais au fond de moi que je me fourvoie, que c’est bien plus récent. Mais c’est ça l’ambiance motel, j’y peux rien. Et puis avec une couverture pareil… (n’est-elle pas canonissime au passage ?).

 

« Mais comment l’idée de meurtre peut-elle entrer dans la vie d’un homme par la grande porte et balancer : « Salut, c’est moi. Bon, on y va ! » ? »

 

Ce que j’ai aimé relever : A titre préventif, ne soyez pas trop choqués par le comportement de la petite June. A 12-13 ans, sa passion dans la vie, c’est siffler les verres d’alcool de son entourage. Je ne savais pas trop s’il fallait en rire ou pas à vrai dire !

Je viens de vous dire avoir aimé l’ambiance de cette histoire. Une ambiance qui n’a rien d’angoissante malgré la violence régnante. C’est écrit avec douceur, et en un sens, la fin m’a par conséquent surprise. Je ne peux m’empêcher de sourire en pensant que de tous les livres mettant en scène un détenu, c’est celui-ci le moins noir : celui écrit par un homme qui a passé une partie de sa vie derrière les barreaux.

Je viens de relire la préface, à l’instant. Après avoir écrit tout ça. Une très belle préface, qui contient beaucoup de vérité. Elle est écrite par un certain Jérémie Guez qui nous fait part de son amour pour cette histoire, qu’il a choisi d’adapter en film avec Roland Moller à l’affiche. Trop emballée par l’idée, je viens de passer bien 10 minutes à essayer de trouver une quelconque info sur ce film. Donc je vais vous faire gagner du temps : de 1, il n’est pas encore sorti ; de 2, il s’appellera « Tu ne tueras point » ce qui m’échappe pas mal comme titre, d’autant plus que j’ai déjà vu un film merveilleux sur la guerre (conseillé par une amie merveilleuse) portant un tel titre ; de 3, sur l’affiche, Malone est en train de charger une arme, or avec son statut d’ex-détenu il est interdit au port d’arme ; et de 4, il s’appelle même plus Malone !! Aucun nom n’est respecté. Bref, je ne pense pas m’attarder sur le film, qui peut tout à fait être top aussi infidèle au livre qu’il est…

 

« Il avait le sentiment qu’au bout du compte les choses finiraient par s’arranger : le bon vieux rêve américain »

 

Quelques citations :

◊ Dehors, les criminels se sentent tenus de convaincre le monde qu’ils ne sont pas des criminels. Ils se fondent dans la société comme un caméléon dans le décor. Une fois en prison, il se pourrait qu’ils attendent devant le miroir le retour de leurs véritables couleurs.
◊ Il avait bien dormi, quoique d’un sommeil perturbé par le retour d’un vieux sentiment d’angoisse qu’il n’arrivait pas à chasser : la crainte diffuse que l’on vienne cogner à sa porte avec insistance. 
◊ Sa vie prenait des tours si grotesques que ça en devenait foutrement drôle : du tout bon au carrément moche.
◊ Une grande femme d’environ soixante ans pour qui savait lire sous les liftings.
◊ Celui qui donne la gifle affirme avec bien plus de de force qu’en paroles : « Tu n’es pas suffisamment un homme pour que je te cogne. Je me contenterai donc de te gifler comme la salope que tu es. »

 


•Ma note : 8/10•

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