Aldous Huxley – Le meilleur des mondes

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La quatrième de couverture : Bienvenue au Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central. À gauche, les couveuses où l’homme moderne, artificiellement fécondé, attend de rejoindre une société parfaite. À droite : la salle de conditionnement où chaque enfant subit les stimuli qui plus tard feront son bonheur. Tel fœtus sera Alpha – l’élite – tel autre Easilon – caste inférieure. Miracle technologique : ici commence un monde parfait, biologiquement programmé pour la stabilité éternelle… La visite est à peine terminée que déjà certains ricanent. Se pourrait-il qu’avant l’avènement de l’État Mondial, l’être humain ait été issu d’un père et d’une mère ? Incroyable, dégoûtant… mais vrai. Dans une réserve du Nouveau Mexique, un homme Sauvage a échappé au programme. Bientôt, il devra choisir : intégrer cette nouvelle condition humaine ou persister dans sa démence…

 

« Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper »

 

Mon avis : Non, promis, je ne vais pas encore une fois, m’étonner de ce que je sois en train de lire de la SF, moi qui me suis toujours auto-proclamée comme n’étant pas fan du genre. En revanche, je persiste quand même un peu, en disant que je ne pensais pas être emballée par Le meilleur des mondes. A la différence de 1984, je savais que le roman de Huxley état bien plus marqué par le progrès technique et futuriste. Et c’est le côté futuriste/scientifique qui m’a toujours un peu rebuté. Mais peut-être plus dans les films encore. Quoique. Je suis quand même une grande fana de Retour vers le futur, donc en fait là non plus mon argument ne vaut pas. Bref ! On retiendra 2 choses : – j’ai visiblement des tendances schyzo qui me poussent à m’inventer une vie et des goûts que la pratique fait bien vite de démontrer ; 2 – j’ai été plutôt agréablement surprise par Le meilleur des mondes.

Et forcément que j’allais apprécier ma lecture : le véritable coeur du roman, ce n’est pas tant les dérives du progrès, mais surtout son instrumentalisation dans un but de conditionnement des individus dans une société qui n’est jamais qu’une dictature de plus dans le monde. Plus qu’une dictature, on est en présence d’un véritable totalitarisme, avec la complète négation de l’individualisme, faisant des sujets, la propriété de tous, et surtout pas la propriété de leurs parents, car parents il n’y a point. Et moi, le totalitarisme, ça me botte (sur le plan de la réflexion intellectuelle, cela va de soi).

J’ai d’ailleurs eu l’impression de parcourir le bouquin avec un oeil nouveau, plus attentionné, en faisant incessamment des ponts entre ce que j’avais sous les yeux, et ce que j’apprends actuellement en cours de Culture Générale et sur l’évolution des sociétés. D’ailleurs il y a des chances que mon blog mute en support de réflexion vis-à-vis de ce que je peux, de ma lecture, raccrocher à mon apprentissage. Le problème, c’est que je vois des rapprochements partout, même là où il n’y en a probablement pas. Mais ça, je ne le saurais pour ainsi dire jamais. Alors, je veux continuer à croire que lorsque je lis que l’Administrateur éloigne la science et le progrès, de manière paradoxale, c’est parce que ce sont des facteurs d’instabilité sociale, et bien là, je dis oui. Oui parce que notre société actuelle se détourne du progrès, ou en tout cas s’en méfie davantage qu’auparavant, et n’est plus optimiste à ce sujet. Au-delà du progrès, c’est surtout le changement qui effraie. Et pour l’Administrateur, le changement n’est rien de plus qu’une menace à la stabilité. Donc j’ai conclu que tout se rejoignait, peu importe si je suis à côté de la plaque, ça aura au moins eu le mérite de rendre ma lecture davantage passionnante !

 

Pour revenir au roman en lui-même : ne cherchez pas un personnage auquel vous attacher, vous n’en trouverez probablement aucun. Et l’éventuel espoir en début de lecture sera réduit à néant par la suite #merciBernard. C’est limite si je n’avais de l’admiration qu’à l’égard de l’Administrateur. Le seul qui soit sensé, mais surtout, qui s’en soit donné les capacités. Ca, on ne peut pas le lui enlever.

 

 

Ce que j’ai aimé relever : Eh bien mesdames, j’ai le regret de vous apprendre que même dans l’imaginaire d’auteurs de monde futuristes, où pratiquer le coït avec le plus de partenaires possibles est imposé par l’ordre social, bah vous êtes inlassablement considérée comme l’objet de l’homme, mais sans réciproque. Bernard déplorera même de Lenina qu’elle ne se rende pas compte qu’elle est traité comme un bout de viande. En tous cas, au début du roman. Après, je dois bien avouer qu’il y a une petite lueur (si on peut appeler ça ainsi), 200 pages plus tard où une amie de Lenina lui conseille « d’aller tout bonnement prendre le Sauvage, que cela lui plaise ou non ».

 

Quelques citations :

◊ Un homme peut prodiguer les sourires et n’être qu’un scélérat.
◊ Son éminence intellectuelle entraîne avec elle des responsabilités morales. Plus les talents d’un homme sont grands, plus il a le pouvoir de fourvoyer les autres. Mieux vaut le sacrifice d’un seul que la corruption d’une quantité de gens.
◊ L’une des fonctions principales d’un ami consiste à subir (sous une forme plus douce et symbolique) les châtiments que nous désirons, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis. 
◊ On ne peut pas faire de tacots sans acier, et l’on ne peut pas faire de tragédies sans instabilité sociale.

 


•Ma note : 8/10•

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