Franz Kafka – Le Procès

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Avec un titre comme ça, je pouvais difficilement passée à côté de ce classique. En vérité, je suis surtout difficilement entrée dedans. L’absurdité reste encore un peu trop absurde pour moi j’imagine.

 

La quatrième de couvertureLe jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s’informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s’appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d’une faute qu’il ignore par des juges qu’il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation. À mesure que le procès prend de l’ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d’enfermement et de claustrophobie. L’instruction suit son cours sur environ un an durant lequel l’absence d’événements est vue uniquement à travers les yeux de K. Sa lucidité, dérisoire et inutile jusqu’à la fin, contrairement à celle du héros de La Métamorphose, n’apporte aucun soulagement. Le Procès, pièce charnière dans l’oeuvre de ce génie de l’absurde, renonce au ressort du surnaturel pour évoquer l’angoisse de l’obsession. –Sana Tang-Léopold Wauters

 

« L’Ecriture est immuable et les gloses ne sont souvent que l’expression du désespoir que les glossateurs en éprouvent »

 

Mon avis :  La tâche ne va pas être aisée je sens… Soit. Il me faut avouer tout de go, que pendant bien une cinquantaine de pages, j’ignorais où nous menait l’intrigue. Je suppose qu’il en était de même pour tout lecteur. Mais le souci étant que personnellement, ça m’a limite agacée et je luttais pour ne pas m’arrêter net dans ce qu’on me demandait d’appeler « procès ». Et puis, il y a eu un petit déclic. Je dis « petit » car son seul mérite a été d’éveiller ma curiosité. Ma compréhension de l’histoire et de la volonté de l’auteur sont toujours portée disparues à ce jour. Je situerai ce moment à l’arrivée de l’oncle pas possible qui veut tout gérer sans rien connaître davantage.

Je viens de mettre le doigt sur le plus gros soucis de l’histoire en fait : c’est aussi irrationnel qu’un rêve que vous et moi pourrions faire (et ne voyez là aucune accusation de bizarrerie à votre égard ! Je ne me le permettrai jamais). Ici, tout le monde prononce des paroles insensées, et personne ne relève. Comme si ça coulait de source. Comme si ce procès était tout à fait normal. Le pire étant quand même que lorsque l’entourage de Joseph K. apprend l’existence de ce procès improbable, qu’ils ne maîtrisent clairement pas plus que lui, entendons-nous bien là-dessus ; et bien cet entourage va se permettre de lui donner des conseils  et d’aborder la chose d’une manière on ne peut plus calme. HE HO ! Le gus vient d’être arrêté je vous rappelle. D’un état d’arrestation où l’on vous laisse libre de vaquer à vos occupations, du jamais vu. Mais en plus avec un procès engagé à son encontre sans fondement aucun d’incrimination. A quel moment on reste calme là ?

Bon, vous l’aurez bien compris : je suis probablement passée à côté d’un million de choses. Voire à côté de l’oeuvre entière. Donc n’hésitez vraiment pas à éclairer ma lanterne si le hasard fou voulait que vous lisiez cette chronique, que vous ayez également lu Le Procès et qu’en plus vous l’ayez compris. Ca laisse supposer beaucoup de paramètres, mais sait-on jamais.

 

« Il s’agit là de deux choses différentes, d’une part de ce que dit la loi et d’autre part de ce que j’ai appris personnellement ; il faut bien vous garder de confondre. Dans la loi, quoique je ne l’ai pas lue, il est dit naturellement que l’innocent est acquitté, mais elle ne vous renseigne pas qu’on peut influencer les juges. Or j’ai appris tout le contraire : je n’ai jamais eu vent d’aucun acquittement réel, mais en revanche j’ai vu jouer bien des influences »

 

Ce que j’ai aimé relever : Je suis obligée de revenir sur la petite histoire du Gardien de la porte de la Loi. Qui montre tout ce que les hommes peuvent faire dire à de simples phrases. D’une phrase, on peut tirer de nombreuses interprétations. C’est une idée qui me plaît. Dommage que l’histoire en question soit trop longue, je l’aurais volontiers retranscrite ici autrement.

L’édition du bouquin que j’ai trouvé à ma médiathèque avait notamment une préface de Claude David (que je ne connais ni des lèvres ni des dents). J’ai voulu la lire une fois ma lecture terminée (ce que j’ai bien fait de faire, autrement c’était le spoil assuré) mais je dois bien admettre que ça ne m’a pas du tout éclairée plus que ça dans mon rapport à cette drôle d’histoire.

 

Quelques citations :

◊ Le gros atout c’étaient les relations personnelles de l’avocat, c’était en elles que se trouvait la principale valeur de la défense.
◊ _ Voici le bandeau autour des yeux, et voici la balance aussi. Mais on dirait qu’elle a des ailes aux talons ou qu’elle est en train de courir ?  _ Oui, dit le peintre. C’est sur commande que j’ai dû la traiter ainsi ; elle doit représenter en effet à la fois la Justice et la Victoire.  _ C’est un alliage difficile, déclara K. en souriant. La justice ne doit pas bouger, autrement la balance vacille et ne peut plus peser juste.
◊ L’Ecriture est immuable et les gloses ne sont souvent que l’expression du désespoir que les glossateurs en éprouvent.
◊ La logique a beau être inébranlable, elle ne résiste pas à un homme qui veut vire.

 


•Ma note : 5/10•

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