Daniel Pennac – Comme un roman

 

 

Je vais me faire violence pour ne pas retaper au mot prêt ce bouquin dans ma chronique. Pour vous donner une idée : 20 post-it pour moins de 200 pages. Sachant que j’ai fait un effort pour me restreindre hein. Ca me démangeais d’entourer de nombreux passage, mais pas sûr que ça aurait été au goût de la médiathèque de mon village…

 

« Le verbe lire ne supporte pas l’impératif »

 

Mon avis : Je suis conquise. Cet essai est une ode à la décomplexion (pas sûre que le mot existe, mais vous avez compris l’idée, je le sais).

Depuis peu, je me mets à lire des « classiques ». Ce n’est pas tâche aisée je trouve, s’attaquer à certains monuments de la littérature demande d’avoir les épaules solides et surtout de quoi assurer après lorsqu’on vous demande « alors, qu’en as-tu pensé ? ». Et là, c’est l’alerte générale dans ma tête, j’essaie de décrypter le sens de la question : m’interroge-t-on sur mon appréciation personnelle de l’ouvrage, ou sur ce que j’étais sensée y déceler ? Car je ne sais répondre qu’à la première question. Et encore que. Je suis capable de dire si oui ou non un bouquin m’a plu (en principe), mais pour ce qui est des raisons, là ça se corse. Un peu ironique pour une fille qui tient un blog réservé à la lecture, n’est-ce pas ? Pour ma défense, à la base j’ai commencé ce blog pour freiner mon amnésie sur ce que j’ai effectivement lu ou non.

Bref, je n’ai rien d’un critique littéraire. Je ne l’ai jamais prétendu et je ne cherche absolument pas à y tendre. Y’a qu’à voir mes chroniques où il arrive parfois (souvent) que je m’écarte du bouquin pour parler… de moi. Au-delà d’une petite part de narcissisme que je ne nierai pas, c’est avant tout une façon détournée d’avouer que, non, je n’ai pas déceler davantage dans ce roman que l’histoire que chacun a pu y lire. Cette esquive n’a rien de calculé, je viens tout juste de faire le lien pour tout vous avouer. C’est juste quelque chose devenu inévitable.

Alors qu’est-ce qui a changé depuis que j’ai lu Comme un roman ? (Plutôt que « Mon avis », j’aurai pu appeler cette rubrique « Introspective de Chloé »). Ce qui a changé, c’est que Daniel Pennac prends le temps de me dire (oui, « me », c’est mon blog donc c’est à moi qu’il parle) que lire ce n’est pas comprendre, gloser, commenter, expliquer. Lire, c’est simplement  et avant tout se délecter de ce que l’on a entre les mains. Et ça, je sais faire. Je suis soulagée de pouvoir continuer sur cette voie (donc oui, mon nombrilisme va perdurer mouhaha).

 

Je ne m’imagine pas le moins du monde vous résumer ou je ne sais quoi cet essai. Je ne me permettrai pas un « Il faut lire », mais le fond est là.

 

Ce que j’ai aimé relever : Un livre ne brûle pas facilement. Non, les pages compactes empêchent la présence d’oxygène et donc de combustible.

Clemenceau se targuait d’avoir pu lire les Mémoires de Saint-Simon sur les toilettes en raison d’une constipation chronique.

 

 

Quelques citations :

◊ Ainsi découvrit-il la vertu paradoxale de la lecture qui est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens.
◊ De sorte que, si nous nous sentons psychologiquement plus proches de nos enfants que nos parents ne l’étaient de nous, nous sommes restés, intellectuellement  parlant, plus proches de nos parents.
◊ Nous avons honteusement rusé, aussi. Le prix qu’il attachait à l’histoire, plus d’une fois nous avons tenté d’en faire une monnaie d’échange. _ Si tu continues, tu n’auras pas d’histoire ce soir !
◊ Seulement, nous autres « pédagogues » sommes usuriers pressés. Détenteurs du Savoir, nous le prêtons contre intérêts. Il faut ça rende. Et vite ! Faute de quoi, c’est de nous-mêmes que nous doutons.
◊ Nous étions conteur, nous sommes devenus comptables.
◊ Les professeurs en charge de ces matières en sont les initiateurs, et on ne peut exiger d’eux qu’ils vantent la gratuité de l’apprentissage intellectuel, quand tout, absolument tout dans la vie scolaire – programmes, notes, examens, classements, cycles, orientations, sections – affirme la finalité compétitive de l’institution, elle-même induite par le marché du travail. 
◊ Aimer c’est finalement faire don de nos préférences à ceux que nous préférons.
◊ Plutôt que de laisser l’intelligence du texte parler par notre bouche, nous nous en remettons à notre propre intelligence, et parlons du texte. 
◊ On commence par s’émerveiller du nombre de pages lues, puis vient le moment où l’on s’effraie du peu qui reste à lire. 
◊ Dès que se pose la question du temps de lire, c’est que l’envie n’y est pas. Car, à y regarder de près, personne n’a jamais le temps de lire. Ni les petits, ni les ados, ni les grands. La vie est une entrave perpétuelle à la lecture.
◊ Les rares adultes qui m’ont donné à lire se sont toujours effacés devant les livres et se sont bien gardés de me demander ce que j’y avais compris. A ceux-là, bien entendu, je parlais de mes lectures.

 


•Ma note : 10/10•

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