Stefan Zweig – La confusion des sentiments

50268548_479132912615350_570176068393107456_n.jpg

 

Je me suis enfin décidée à lire Stefan Zweig. Je ne m’explique pas pourquoi j’avais tant repoussé ce moment, puisque de 1. ses ouvrages sont plutôt courts, ce qui est encourageant, on va pas se mentir ; et de 2. il y a je ne sais combien de ses bouquins dispo à ma médiathèque, ce qui est suffisamment rare pour le noter.

 

Quatrième de couverture : Au soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l’aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fasciné par la personnalité d’un de ses professeurs ; l’admiration et la recherche inconsciente d’un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d’idolâtrie, de soumission et d’un amour presque morbide. Freud a salué la finesse et la vérité avec lesquelles l’auteur d’ Amok et du Joueur d’échecs restituait le trouble d’une passion et le malaise qu’elle engendre chez celui qui en est l’objet.

 

« Ils ont eu une exquise pensée, mes étudiants et collègues de la Faculté : voici, précieusement relié et solennellement apporté, le premier exemplaire de ce livre d’hommage qu’à l’occasion de mon soixantième anniversaire et du trentième de mon professorat, les philologues m’ont consacré »

 

Mon avis : Cette citation tombe à pic ! Il s’agit de la phrase ouvrant la nouvelle (oui parce que, j’ai pris la peine de prévenir personne, mais depuis quelques articles, c’est le retour de la première phrase ! Celle qui peut être décisive dans mon choix de lecture). A l’image du reste du récit, c’est une sentence plutôt longue. Et je crois que ça a pêché auprès de moi. Habituellement, je ne suis pas contre les phrases qui s’éternisent (on me le reproche d’ailleurs dans mes dissertations, mais passons), seulement là ça m’a totalement perdue. Peut-être en raison du contexte : je lisais essentiellement dans les transports en commun. Jamais propice à une extrême concentration, bien qu’il m’arrive fréquemment de louper mon arrêt du fait de ma lecture.

Concernant l’histoire, j’adhère et j’adore. La relation qui lie le professeur et son poulain, les tourments et la confusion de ce dernier qui ne sait jamais sur quel pied danser avec son maître comme avec ses propres sentiments… Tout ceci m’a indéniablement plu. Néanmoins, mon souci avec l’écriture a malheureusement pris le dessus, et je n’ai par conséquent pas suffisamment savourer ces quelques pages. Quelques pages que j’ai clairement ramer à terminer rapidement, ce qui veut tout dire. Sans parler du nombre ridicule de passages posti-ités… En bref, les touchantes mémoires de Roland n’auront pas suffit pour m’emporter. Mais je comprends parfaitement qu’elles aient pu transporter d’autres lecteurs !

Pour résumer, je ne dirai pas que ma lecture fut laborieuse. En dépit de la longueur des phrases, celles-ci demeurent écrites simplement et sont accessibles. Cela a seulement alourdi ma lecture, qui n’en reste pas moi un bon moment. C’est pour cette raison que je pense tenter lire au moins une seconde nouvelle de l’auteur, pour voir si je suis totalement réfractaire à son style. Et peut-être, cette fois-ci, avoir l’intelligence de m’y consacrer à un autre moment que ma semaine de concours blanc (ce serait judicieux, je note).

 

Quelques citations :

◊ Son attitude résignée me bouleversa et, dans un élan de spontanéité profonde, je le suppliai de songer à retenir enfin d’un poing solide ce que quotidiennement il répandait sur nous d’une main négligente, et de ne pas se contenter de donner, mais de conserver sous forme d’ouvrages ses propres richesses. 
◊ Je reconnais alors la voix d’un cher défunt, d’un défunt qui ne respire plus que par mes lèvres : toujours, quand l’enthousiasme me donne des ailes, je suis lui. Et, je le sais, ce sont ces heures-là qui m’ont fait. 
◊ Morceau par morceau, un homme arrachait sa vie de sa poitrine, et en cette heure-là, moi qui étais encore si jeune, j’aperçus pour la première fois d’un œil hagard, les profondeurs inconcevables du sentiment humain. 

 


•Ma note : 6/10•

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. bookishcreek dit :

    Hello!

    Merci pour cette chronique pleine de sincérité! Je voulais moi aussi depuis très longtemps commencer Stefan Zweig, mais je ne savais pas avec quel livre. Grâce à toi, j’ai la réponse à ma question. Cette histoire me parle beaucoup étant donné que moi-même, je suis dans un parcours assez semblable à celui du personnage de ce roman!

    Bref, merci à toi, vivement les prochaines chroniques!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup à toi pour ce commentaire qui me fait rudement plaisir ! J’espère que ta situation ne se révèle pas trop cahotique, ou du moins qu’elle ne te fait pas souffrir autant que ce n’est le cas pour le personnage désorienté

      Aimé par 1 personne

      1. bookishcreek dit :

        haha, je ne souffre pas à ce point, ne t’en fais pas. 🙂

        J'aime

  2. nowowak dit :

    Ce livre est un monument ! Merci pour cette belle analyse. Je vais publier très bientôt une critique sur « Vingt-quatre heures de la vie d’une femme ».

    J'aime

    1. Merci à toi pour ce retour ! J’aimerai à l’occasion retenter une nouvelle de l’auteur, celle que tu cites fait partie des plus propices à me plaire, hâte de lire ton avis dessus

      Aimé par 1 personne

      1. nowowak dit :

        Tu peux venir sur mon blog sans attendre ! 🙂

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s