Jean-Philippe Toussaint – L’Urgence et la patience

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J’ai gagné un chouette concours chez @Minutiaeblue, et parmi la sélection proposée, j’ai choisi un petit essai, histoire de diversifier ma bibliothèque qui croule sous les romans (en attente de lecture, accessoirement).

 

La quatrième de couverture

L’urgence, qui appelle l’impulsion, la fougue, la vitesse — et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l’effort. Mais elles sont pourtant indispensables l’une et l’autre à l’écriture d’un livre, dans des proportions variables, à des dosages distincts, chaque écrivain composant sa propre alchimie, un des deux caractères pouvant être dominant et l’autre récessif, comme les allèles qui déterminent la couleur des yeux.

 

 

« J’ai oublié l’heure exacte du jour précis où j’ai pris la décision de commencer à écrire, mais cette heure existe, et ce jour existe, cette décision, la décision de commencer à écrire, je l’ai prise brusquement, dans un bus, à Paris, entre la place de la République et la place de la Bastille. »

 

Mon avis

Je crois qu’on peut dire que ça ne l’a pas trop fait. Je n’ai aucun reproche qui tienne la route à faire à ce texte, mais j’ai clairement rien gardé de ma lecture. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai perdu mon temps non plus, car j’ai un peu appris sur Beckett, c’est toujours bon à prendre. Et qu’il y a peu de chances pour que je lise prochainement sa trilogie dont fait l’éloge J-P. Toussaint, car ce qui lui a plu est clairement ce que j’évite dans mes lectures. Si je peux tout à fait concevoir que « L’histoire n’est pas l’enjeu, ce n’est pas là que le livre se joue, ce n’est pas l’essentiel« , il est clair que je bloque sur le fait que « Le contexte historique est tout aussi absent de l’oeuvre de Beckett, il n’est jamais fait allusion à une situation politique ou à un contexte social« . Mais nous ne sommes pas là pour parler de Beckett (avant de VRAIMENT fermer la parenthèse : des avis pour En attendant Godot ? Il me dit plus, et j’aimerai bien renouer avec le théâtre, même de l’absurde, j’avais été marquée au lycée par Rhinocéros). 

Ce qui m’a manqué véritablement, c’est que cet essai ne répond pas à ce que j’attends d’un essai sur la littérature, dont je peux éventuellement attendre deux choses. Pour vous (re)mettre dans le contexte : je ne suis pas du tout une personne qui s’y connait en littérature. J’ai baigné tôt au milieu de livres, c’est un fait, mais ça s’arrête là. Afin d’achever de vous convaincre : j’ai fait un bac scientifique spé mathématiques. Voilà c’est dit. Je n’ai donc aucune prétention en matière de littérature, pour autant, je suis toujours ouverte à l’apprentissage. Si j’ai pu me repaître avec des auteurs comme Daniel Pennac et Pierre Bayard , je n’ai pas accroché ici. Tout simplement parce que je n’ai pas su m’identifier. Dans les deux essais cités juste avant, c’est une vision de la lecture qui est abordée, de ce fait, tout lecteur peut se reconnaître dans les explications données. En revanche, dans L’Urgence et la patience, j’ai eu l’impression qu’on s’adressait à la part d’écrivain que le lecteur peut avoir en lui. Et moi, cette part-là, je ne l’ai franchement pas. Je ne la recherche même pas à vrai dire.

Toutefois, je ne pense pas être fermée à toute forme d’écrit où l’auteur explique comment il en est arrivé à écrire, pour qui, pour quoi il écrit. Au delà d’une idée d’identification, ces textes peuvent m’apporter tout de même une réflexion, ou tout simplement m’apprendre des choses que j’ignorais et qu’il est plaisant de finir par savoir. Et c’est peut-être davantage sur ce terrain-là que j’attendais J-P. Toussaint. Peut-être aurai-je plus apprécié ma lecture si j’avais pu lire ses romans au préalable ? J’en sais trop rien. Je pense seulement que c’était rencontre manquée pour nous deux.

 

Ce que j’ai aimé relever

La comparaison (qui n’est pas de lui) entre le duo mathématiques-biologie et celui de littérature-cinéma. Mathématiciens et écrivains construisent un monde idéal dont eux-seuls élaborent les règles, par un travail solitaire avec une feuille et un crayon. Tandis que biologistes et cinéastes composent avec le réel, l’objet de leur travail est mesurable, concret, et ils sont obligés de s’entourer d’une équipe et de matériels coûteux.

 

 

Quelques citations

Cette idée d’éloignement me paraît décisive. Car la distance obligé à un plus grand effort de mémoire pour recréer mentalement les lieux que l’on décrit : les avoir réellement sous les yeux, à portée de regard pour ainsi dire, induirait une paresse dans la description, un manque d’effort dans l’imagination.

Je ferme à peine les yeux – je peux fermer les yeux en les gardant ouverts, c’est peut-être ça écrire.

De la même manière qu’il faut plusieurs centaines de kilos d’arbustes aromatiques pour produire, par distillation, un flacon d’essence de romarin, il faut beaucoup de vie réelle pour obtenir le concentré d’une seule page de fiction.

Car le public, évidemment, prend toujours la défense des orateurs désemparés – c’est à vous décourager d’être brillant.

 


•Mon plaisir de lecture : 5/10•

(On tient quelque chose là les gars, sur la dénomination de la note. Je crois que ça correspond mieux à ce que j’ai en tête quand je pose une note)

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