Jacques Saussey – Enfermé.e

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Achat impulsif Bookstagram ! Je dis impulsif car je l’ai acheté alors même que ma période polar m’était plutôt passée… et je confirme qu’elle n’est toujours pas revenue haha ! Mais bon, pour ma défense : vous avez vu la couverture ? Si ça, ça n’est pas un « Lis moi Chloé, TOUT DE SUITE », je ne sais pas ce que c’est… (En plus, c’est tombé pile pour le #juindesfiertés 🏳️‍🌈)

 

La quatrième de couverture (clairement sortie de nulle part)

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges… 

 

 

« La cour est encore noire, balayée par une pluie dense qui n’a pas cessé de la nuit. »

 

 

Mon avis

Mitigé. Voilà c’est tout, merci de m’avoir lu au revoir.

Non plus sérieusement, je trouvais le sujet ouffissime (oui, ça ne se dit plus depuis 10 ans, si tant est que ça s’est déjà dit un jour). Une personne transsexuelle qui se retrouve dans une prison d’hommes en l’occurrence, en raison d’un nom changement administratif de sexe. C’est terrible mais ça existe. J’ai eu le « plaisir » de me renseignée sur le sujet à l’occasion de la rédaction de mon mémoire, et la situation me paraît impossible à imaginer à moins de l’avoir vécue. Et je crois que c’est justement ce que j’attendais de ma lecture : une forme de témoignage, même s’il fut fictif d’un bout à l’autre. Le problème c’est que déjà, la case prison est arrivée qu’au bout de la QUATRIEME PARTIE. Je ne vous raconte pas mon impatience.

Je vais émettre une critique, mais il faut pas la prendre pour argent comptant étant donné que le bouquin était un polar. Ca ne m’a pas empêché de regretter de ressentir comme un manque de réalisme. Certaines choses paraissaient survolées, d’autre un peu trop grosses pour moi. Je suis moyennement convaincue de ce que l’auteur a fait de Virginie au final. Je vais éviter de m’expliquer au risque de vous spoilez. Quoique. Je vais juste écrire en blanc pour ceux qui auraient déjà lu le livre/ envie de savoir :

Pourquoi en faire une véritable criminelle au bout du compte ? Pour venger la soeur de Fleur, Fleur étant une ancienne co-détenu dont on a à peine entendu parlé. Pour venger la soeur donc. Je suis sceptique. Au début ça allait, car elle faisait ça pour rendre la pareille au père de Fleur à qui elle devait beaucoup. Mais après le coup du fils de Marie, c’était trop pour moi. J’entends qu’après les atrocités qu’elle a vécues, elle pouvait avoir une part sombre en elle. Mais là, j’ai trouvé ça clairement trop. 

Bref, trop de noirceur tue la noirceur. Et encore que, on peut faire les choses ainsi et ça peut tout à fait fonctionner. Prenez Meurtres pour rédemption par exemple. Magistral non ? Baaaah, on peut pas être subjuguée à chaque fois, ça serait trop simple sinon. Donc voilà, pour cette lecture retenez que j’ai eu pas mal de regrets : un principe du feu de dieu, mais une histoire qui n’a pas suivi. Ce qui m’a empêchée d’entrer pleinement dedans. Ca et les nombreux allers et retours passé-présent. Je suis pas friande du genre, et j’ai réussi à me perdre alors que l’alternance se faisait à peine toutes les trois-quatre pages. C’est vous dire la mauvaise volonté de la fille !

Par contre, je valide à 100% les petits trucs glissés çà et là sur le fonctionnement de la justice ou encore le droit des personnes transsexuelles. Sans parler de la rubrique repère après l’épilogue. On sent que l’auteur était réellement intéressé par son sujet, et forcément, on apprécie.

 

 

« Ses doigts ont parcouru le contour du papier kraft, ont essayé de deviner ce qu’il contenait, puis elle l’a déchiré d’un coup. L’émotion, une fois de plus, l’a empêchée de voir au travers d’un rideau humide. Mais lorsqu’elle les a posés sur l’élastique, qu’elle a senti le bonnet qui pliait sous sa main, elle a fondu en larmes et s’est assise en enfouissant son visage dans la lingerie »

 

Ce que j’ai aimé relever

Savez-vous ce qu’est le cisgenre ? C’est l’inverse du transgenre. Quand votre genre correspond à votre sexe biologique tel qu’il est retranscrit sur votre acte civil. Quelqu’un qui a eu plus de chance, en somme.

Le petit trait d’humour, avec le Giscardol, médicament contre la sélénité… mais bien sûr qu’on valide !!

C’est pas pour me la péter mais… la première femme a avoir eu l’autorisation de poursuivre son traitement hormonal en prison s’appelle Chloé. 😎

Le Gin n’est pas un alcool anglais mais néerlandais. Les british ont juste éhontément piqué la recette du breuvage. On leur pardonne dans la mesure où le Gin, c’est bon #avecmodération.

Ce que je connaissais communément sous le nom de « majeur » ou plus familièrement, « doigt d’honneur » s’appelle également « médius ».

 

Quelques citations

 Les familles viennent déposer au pied de leur conscience l’acte de contrition qui leur permettra de croiser pendant un moment leur regard dans la glace.

_ Tu veux dire que tu es enfermée dans un mauvais corps ? _ Non. Mon corps n’est pas mauvais en soi. Je ne suis pas bien dedans, c’est différent. 

_ Elle est sortie. Il y a quatre mois. _ Il est mort. Il y a treize ans.

Mais de là où elle était, elle pouvait entendre les voix qui montaient entre les bâtiments depuis la salle où se tenaient les cours de chant.  Comme toutes les détenues, elle avait appris qu’elle ne pourrait jamais y accéder, ainsi qu’aux autres activités principalement réservées aux hommes. La demande était trop forte de leur côté, la préférence allait à la population largement majoritaire. Dans les prisons françaises comme dehors, l’égalité des sexes était une notion qu’on avait les plus grandes difficultés à concevoir. 

Il y a des choses qu’on apprend plus vite en prison que d’autres. Le jour où les femmes auront accès aux ateliers et à la culture comme les hommes, on leur expliquera peut-être plus Voltaire ou Mozart que les vertus de la carabine dans la guérilla de rue. 

Cette foutue manie de pleurer dès que quelque chose d’autre que la brutalité la touche. 

 


•Mon plaisir de lecture : 6,5/10•

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