Géraldine Doutriaux – Chercheurs de diamants (Prof en REP)

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Voici donc la non-fiction reçue dans le cadre d’une nouvelle Masse critique Babelio. Tout avait l’air si intéressant, et c’est celui-ci qui m’a été attribué. Ce n’est pas un thème vers lequel je pensais me tourner, en fait, c’est le titre qui m’a convaincue.

 

La quatrième de couverture

Professeure de français dans un collège de banlieue nord, la narratrice clôt un cycle d’enseignement de 10 années avant d’être mutée à Paris à la rentrée prochaine. 
On entre dans cette salle de classe de REP comme par une porte dérobée, on assiste à l’empoignade quotidienne enseignant-élèves, jeu de rôle dans lequel les uns et les autres se découvrent et se constituent. Qu’est-ce qui se joue là d’essentiel ? Comment cette génération de banlieue REP vat- elle s’en sortir ? De quelles armes dispose-t-elle ? 
Ressurgissent alors les temps forts partagés, le foisonnement de propos, frénétiques ou naïfs, d’imaginaire, de détresses et d’inventivité déployés dans cet espace encore protégé.

 

 

« Le dernier jour des classes, j’ai accueilli sans courage les sept élèves de 6°1 qui s’étaient hissés jusqu’au sommet de la butte où trônait le collège, transportant sur le dos un sac où baillaient trousses vides, feuilles chiffonnées, débris de chips et bonbons décolorés. »

 

 

Mon avis

Si j’ai beaucoup apprécié le témoignage retranscrit, j’avoue ne pas avoir su sur quel pied danser avec l’autrice. Pour commencer, on nous la présente comme se prénommant Géraldine, mais dans le texte elle se fait appeler Sophie. C’est du détail bien sûr. En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à la cerner : est-elle une prof dévouée et optimiste ou bien totalement résignée ? Elle dit apprécier plus que tout tel élève, mais deux pages plus loin, ce sera un autre qui aura toutes ses faveurs. Je ne dirai pas que ça sonne faux, seulement qu’elle nous apparaît clairement perdue haha ! Ca reste compréhensif : ces gosses ont du la faire tellement la faire tourner en bourrique qu’elle doit les avoir aimés autant que détestés.

Les passages où elle s’adapte à l' »ennemi », pour frapper là où il faut et enfin obtenir son respect (pour un temps du moins), m’ont fait penser à la fabuleuse Yankumi face à ses collégiens de 3ème D (big up à toi si tu as la référence, cette femme est juste badass même si complètement fictive).

L’immersion, bien que rapide, dans ce collège m’a vraiment plu. Mais je suis un peu restée sur le c** quand j’ai lu que le métier de l’autrice était si peu valorisé par son entourage. Elle présente la chose comme si c’était d’opinion publique même. Cette dévalorisation m’a énervée. N’ont-ils pas tous été un jour élève ? Sans éducation, pas d’ouverture d’esprit les gars. Et puis on est jamais à l’abri de tomber sur LE prof qui sera la révélation de votre vie. Bon, ça n’a jamais été mon cas… N’empêche que j’admire ces personnes pour leur dévouement à cette tâche qui n’a rien de simple.

 

 

Ce que j’ai aimé relever

Deux ans et demi après avoir débarqué sur Bookstagram, il y a encore beaucoup de zones d’ombres me concernant. J’ignorais notamment ce qu’était concrètement ce fameux « Mercredi cadavre exquis ». Il suffisait de demander : l’autrice donne un parfait exemple de discussion qui n’a ni queue ni tête qui obéit à la loi du cadavre exquis.

Je me serai clairement passée, en page 94, des longues tirades de comparaison de vomis de Noé et de Manuel. Vraiment.

 

 

Quelques citations

Moi, si peureuse et craintive, c’était fini, ils m’avaient vaccinée : je n’avais plus peur d’eux. Du coup j’ai pu commencer à les aimer. 

Pour qu’Ilies accepte les règles du système, il faudrait qu’il y ait une place, or s’il en a une, c’est la dernière. 

Pitié ! Je recommande à tous les mâles en âge de procréer de venir faire un tour dans mes salles de classe. Ils verraient les dégâts engendrés par leur absence, défaillance, violence, fuite, silence… et ça en ferait peut-être réfléchir plus d’un avant d’aller se précipiter dans le toboggan de la parentalité.

Prendre cette responsabilité – la personne qui a inventé cette formule est à clouer au pilori. Cette formule passe-partout vous empêche de faire quoi que ce soit qui représente un micro-risque. 

 


•Mon plaisir de lecture : 7,5/10•

 

 

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