Blandine Le Callet – La Ballade de Lila K

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Bingo pour le deuxième roman du #Marsauféminin ! Je m’étais arrangé avec la tambouille pour le caser dans héroïne badass. Après lecture, ça passe en vrai. Ah et aussi,  un de moins dans ma PAL, une fois n’est pas coutume.

 

La quatrième de couverture

Une jeune femme, Lila K., fragile et volontaire, raconte son histoire.

Un jour, des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge. Surdouée, asociale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrange dans lequel les livres n’ont plus droit de cité…

 

« Dans la vie, il y a toujours un avant , un après, vous avez remarqué ? Avec entre les deux une cassure franche et nette, heureuse ou malheureuse – c’est une question de chance. »

 

Mon avis

Je sais pas pourquoi, je sens que j’ai la pression là. J’ai le sentiment que ce bouquin a plu à TOUT LE MONDE (par tout le monde, entendez « les incroyables comptes bookstagram que je suis »). Je vous rassure, il m’a plu à moi aussi. Mais sans pour autant parler d’un roman magistral.

La certitude, c’est que l’écriture de l’autrice fonctionne sans souci. C’est accrocheur et on reste accroché du début à la fin. Aucune longueur à dénoter. Alors que m’a t-il manqué ? Et bien je pense que j’ai du louper un truc. Et sûrement pas des moindres : l’ensemble des lecteurs estiment que tout s’éclaire à la fin du roman, qu’on comprend mieux Lila une fois que le brouillard est levé. Sauf que pour moi, le brouillard s’est levé sur un paysage qu’il me semblait déjà connaître. Je n’ai eu aucun sentiment de surprise, étrange non ?

Il est vrai que le roman tape dans de nombreuses catégories à la fois sans jamais pouvoir être étiqueté par une seule : dystopie, anticipation, romance. Et il est vrai aussi que devoir ranger un roman dans une case, c’est surfait. Mais là j’avoue qu’en en faisant une histoire d’un peu tout ça à la fois, c’en est devenue une histoire de.. rien en particulier. Dit comme ça, ça sonne atroce, désolée je n’arrive pas à mettre un mot sur ce que je veux exprimer. Disons que le tout manque d’approfondissement, et de ce fait, j’ai vu le côté dysotpie que pour « planter un décor pour planter un décor », l’anticipation pour rendre le livre d’actualité, et la romance pour trouver une manière de mettre fin au tout (et le fait que Lila fut sans le savoir une beauté fatale, ça en revanche, ça ne sert strictement à rien, au contraire, ça sonne forcé, comme si elle ne pouvait être l’héroïne rêvée sans ce détail uperficiel).

En dépit de toutes ces critiques, j’ai quand même passé un très bon moment de lecture. Je crois pas que ce soit totalement contradictoire, si ? Toujours est-il que c’est mon ressenti et que je le pose. Pour parler un peu de l’histoire de manière concrète (il serait temps après 3 paragraphes de rédaction déjà…) on suit Lila, future Lila K. On grandit avec elle. Dans son monde futuriste qui ne semble pas totalement éloigné du nôtre avec sa Zone (de non droit) et son hypersécurité totalement liberticide. Les rapprochements avec le monde Orwellien et Kafkaïen vont de soi, et c’est plaisant. On a même un petit côté Bradbury avec les bouquins observés comme des objets toxiques. Ne vous attendez pas à une explication du pourquoi du comment la Zone est devenue ce qu’elle est, pourquoi les livres sont bannis. C’est notamment pour ça que je trouve que l’ambiance dystopique  plante seulement le décor, et ne s’attarde à rien d’autre.

Bref, Lila a une unique quête : retrouver ses souvenirs et surtout, sa mère. Je me différencie sûrement encore des autre lecteurs et lectrices en affirmant que je me suis pas attachée à ce personnage. Je l’ai trouvée cool, avec son côté Gilles de La Tourette à sortir des insultes un peu n’importe quand (un petit avant goût plus bas dans les citations, je vous jure, c’est grisant). Mais pas d’attachement. Et je crois que le personnage qui m’a le plus marqué, c’est Fernand. Il m’a marqué parce qu’il m’a dérangée. Il est le tuteur de Lila, qui lui offre un soutien infaillible, mais c’est un homme bien trop rangé. Pour lui, le monde tel qu’il est ne peut être mauvais, le Ministère ne peut agir mal. Il porte des oeillères et se conforte dans cette idée en ne cessant d’affirmer que, tout de même, nous sommes dans un Etat de droit, non de non. Il est l’archétype de l’individu que je craindrai toute ma vie de devenir. J’aurai peur, un jour, de finir par tout accepter sous prétexte que le Droit a dit que. Je répugne tellement à l’idée de tomber dans les thèses complotistes qui divisent et fragilisent la société, que parfois, je crains de basculer dans l’extrême inverse. Bien. Je m’égare TOTALEMENT du sujet là.

 

Pour conclure, une chouette lecture, mais il m’a manqué beaucoup personnellement, ces carences pas insurmontables mais qui m’empêchent de m’extasier autant que la majorité des lecteurs de ce roman.

 

Ce que j’ai aimé relever

J’ai appris dans la semaine, que dans les maternités, des photographes passaient afin de tirer de jolis clichés et vous les vendre à prix d’or. On est dans l’abus de faiblesse ni plus ni moins là, à quel moment une mère, peut-être pour la première fois, refusera, sérieusement haha ? Et bien ça se retrouve pour la naissance de Lila K. Du buziness dès les premières heures de vie, on adore, vraiment.

 

Quelques citations

◊ Je lui souriais, connasse, pour donner le change. En pensée, je la poussais par dessus le parapet, un petit coup, et hop, un grand bol d’air.
◊ Je faisais semblant d’obéir – cela n’engage à rien, et c’est tellement plus simple, au bout du compte. 
◊ Je m’étais fait avoir avec les sentiments, on ne devrait jamais. A présent, j’en payais le prix, et je mesurais que c’était inabordable. Denrée de luxe, trop risquée pour les coeurs malmenés. 
◊ C’est cela, sans doute, faire son deuil : accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu’un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l’évidence de sa propre survie. 

 


•Plaisir de lecture : 7/10•

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