Todd Robinson – Cassandra

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Un polar. Alors que je n’en lis plus. Alors que le chéri m’en a ramené un en allant faire les courses et que je lui ai dit que c’était un genre qui m’étais passé. Des fois, même moi je laisse tomber et j’arrête d’essayer de me comprendre.

 

La quatrième de couverture

Boo et Junior ne se sont pas quittés depuis l’orphelinat. Aujourd’hui adultes, ils sont videurs dans un club de boston. Avec leurs deux cent quinze kilos de muscles et leurs dix mille dollars de tatouages, ça leur va plutôt bien de jouer les durs. Mais quand on leur demande de rechercher la fille du procureur de Boston qui a disparu, ils vont devoir recourir à autre chose qu’à leurs biceps. Que la gamine fasse une fugue, soit. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais quand elle se retrouve sous l’emprise de ses mauvaises fréquentations, c’est une autre histoire.

 

 

« Le Garçon avait huit ans lorsqu’il appris la haine »

 

Mon avis

Et bien c’est plutôt pas mal passé. Sûrement parce que je ne me suis pas trop attardée sur le côté polar justement. Moi, toute l’affaire Cassandra, elle me passait un peu au-dessus, je l’avoue. Je ne lisais que pour une chose : Boo, Junior, et leur clique composée de types plus bizarres les uns que les autres. J’ai aimé les suivre dans leur quête, pour laquelle ils sont peut-être taillés physiquement, mais pas du tout professionnellement. On ne s’invente pas détective comme ça j’imagine. Et pourtant, ils ont tant de bonne volonté que c’est beau à voir.

On découvre davantage le passé de Boo que celui de Junior, avant que ces deux ne se rencontrent au Foyer St Gab. Bien sûr c’est sombre, mais rien de trop larmoyant qui fasse cliché forcé (car des clichés, y’en aura forcément, avec les bastons, les pourris… toutefois, je peux me montrer clémente avec certains clichés). Alors c’est vrai que ce silence sur Junior m’a rendue curieuse. Une curiosité non apaisée, alors j’étais un peu frustrée. Et puis j’ai été de nouveau frustrée en me rendant compte aux dernières pages que Boo n’avait jamais reçu les info qu’on lui avait promises. La fin en règle générale était un peu abrupte à mon goût, je me suis sentie bête. Mais bonne nouvelle, en faisant un minimum de recherches, j’ai appris qu’on avait la suite des aventures de notre duo dans un autre roman ! Heureusement que je ne l’ai su qu’à ce moment-là, c’était un motif suffisant pour ne pas me lancer dans cette lecture autrement (oui, j’arrive à être flemmarde même pour la lecture).

Bref, ce n’est clairement pas le polar du siècle et encore moins le roman de la décennie. Mais c’était divertissant, et parfois c’est amplement suffisant. Ce duo charmant qui s’adore autant qu’il s’injure pourrait vous faire tomber sous le charme vous aussi.

 

 

Quelques citations

◊ C’est l’argent qui parle mon frère. Et en l’occurrence, il chantait un opéra-rock.

◊ On prévoyait de s’acheter un ordinateur un jour. D’un autre côté, on prévoyait aussi de gagner un million de dollars à la loterie et de partir vivre à Hawaï fabriquer des strings sur mesure pour Natalie Portman.

◊ Je me suis fait exploser le nez six fois, une de plus que Junior. Croyez-moi si vous voulez, il est jaloux.

◊ Je réussis à ne pas me pisser dessus, donc je suppose que je me maîtrisais à peu près.

◊ Junior éternua très fort dans sa main. Le bruit ressemblait beaucoup à « Sucemabite », mais je peux m’être trompé.

◊ Elle me serra longtemps. C’était bon. Très bon. Je tentai de réciter mentalement les scores remportés par les Red Sox ; mais je n’avais plus suivi leurs résultats depuis une semaine ou deux, donc mon esprit s’arrêta. J’espère qu’elle ne sentirait pas contre sa jambe mon ignorance des dernières statistiques. 

◊ Junior sortit une liasse, un billet de cent attaché autour d’une grosse pile de billet d’un dollar. 

◊ Jusque là, je ne m’étais pas rendu compte que j’étais toujours aussi abîmé à l’extérieur qu’à l’intérieur.

◊ Un poids mort, ce n’est jamais facile à manœuvrer. C’est encore moins facile lorsqu’on prend des précautions. On n’en a pris aucune. 

◊ Juste pour le plaisir d’être un salaud, je lui en mis un peu par-dessus les yeux et les oreilles, en prenant soin d’emmêler au maximum ses cheveux dans l’adhésif de qualité industrielle.

◊ Je dis une prière silencieuse, dans l’espoir que Junior ait eu assez de bon sens pour retirer les piles. Il ne pouvait pas avoir été aussi stupide. […] A cet instant précis, j’appris deux choses : 1° : les prières ne peuvent rien contre la stupidité biblique. Et 2° : Junior est bien plus stupide que ça. 

◊ Elle enfonça son visage dans ma poitrine, lâchant toutes ses larmes. Je ne savais pas quoi faire d’elle. Ni quoi faire de mes bras. Faute d’un meilleur endroit, je les mis au-dessus de ma tête.  Je n’étais à l’aise ni dans cette position, ni dans le rôle du consolateur. 

◊ Je devais être plus crevé que je ne pensais. J’avais réussi à fermer l’œil plus de deux secondes avec Junior dans la pièce. La plupart des gens ont du mal à dormir quand Junior a le même code postal qu’eux. 

◊ Il se raconte que la balle qui lui a traversé la tête a emporté des trucs au passage. La partie du cerveau qui s’occupe du remords, par exemple. 

 


•Plaisir de lecture : 7/10•

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