Michel Onfray – Théorie de la dictature

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Un essai, c’est rare, et pourtant j’aimerai en découvrir bien plus. Le problème, c’est que je ne m’y connais tellement pas, que j’ai l’impression de débarquer dans un monde parallèle dans lequel je vais me noyer en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. N’existe-t-il pas un manuel à l’usage des novices du genre ? Je suis preneuse.

 

La quatrième de couverture

Il est admis que 1984 et La Ferme des animaux d’Orwell permettent de penser les dictatures du XXe siècle. Je pose l’hypothèse qu’ils permettent également de concevoir les dictatures de toujours.
Comment instaurer aujourd’hui une dictature d’un type nouveau ?
J’ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l’histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l’Empire. Chacun de ces temps est composé de moments particuliers.


Qui dira que nous n’y sommes pas ?
M.O.

 

 

« Je tiens la pensée de George Orwell pour l’une des plus grandes. »

 

Mon avis

C’est un livre que j’ai piqué à mon père, sur ses conseils. Michel Onfray est un nom que j’ai probablement déjà entendu, mais je ne sais plus quand ni même pourquoi. Pas en cours de Culture Gé l’an dernier en revanche, je m’en serai souvenue. Je ne sais donc absolument pas ce qui se dit sur cet essayiste, si il a fait l’objet de polémiques (j’ai l’impression qu’il s’agit d’un passage obligatoire parfois).

Quoiqu’il en soit, je vais juste poser mes critiques positives comme négatives, et parfois même quelques réflexions perso, soyons fous.

    • Les +

⇒ C’est hyper abordable. Ca se lit vraiment simplement, pas trop de références trop compliquées, ou alors elles seront expliquer en une phrases ou deux (en espérant qu’elles n’aient pas été dénaturées du sens premier de leur auteur, mais bon pour ça, je n’ai aucun pouvoir, je suis obligée de faire confiance à Monsieur Onfray)

⇒ La construction de l’essai est parfaitement claire. Chaque point est abordé clairement dans une partie/chapitre/paragraphe. Une théorie de la dictature, puis une de la révolution, et en guise de conclusion, une transposition de la théorie de la dictature établie avec le regard de l’essayiste sur la société actuelle.

⇒ D’excellents résumés de 1984 et de La ferme des animaux. Je n’ai lu que celui de 1984, qui est une lecture plus lointaine. Mais je suis contente, car ce sont des livres qui dans leur fond auraient plu à mon père, bien qu’il n’apprécie pas le genre du roman. Là au moins, il a pu découvrir ce qu’il en était.

 

Pour le négatif, je vais basculer à nouveau sur mon mode de rédaction habituel, à savoir : un enchaînement de phrases et de critiques un peu décousus. Je ne sais même pas trop par quoi commencer. Mon impression des premières pages (qui ne s’est pas trouvée démentie par la suite) : l’agressivité du type, ohlàlà. Moi je suis plutôt partisane des sous-entendus clairs et pourquoi pas acerbes. Je trouve ça bien plus efficace et tranchant que des propos qui vous font passer pour un excité du bulbe. Je trouve que l’ironie a bien plus de pouvoirs, et ça m’a plutôt manqué puisque le sujet s’y prêtait bien je trouve. Partant de là, je me suis mise dans de mauvaises dispositions : je ne lisais plus afin de m’amener à la réflexion, je lisais simplement pour attendre l’auteur au tournant et tenter coûte que coûte à le contredire. Niveau productivité de la lecture, on était pas au summum donc.

L’un des points positif a débouché sur un reproche de ma part. Je parlais des résumés de 1984 et de La Ferme des animaux pour théoriser tour à tour, la dictature et la révolution. Eh bien concernant 1984, je n’ai pas eu l’impression d’apprendre grand chose. J’avais l’impression que tout restait dans la pure paraphrase, j’attendais une valeur ajoutée, et je ne suis pas sûre de l’avoir eue. Et pourtant, il est une notion qui me posait problème déjà lors de ma lecture du roman d’Orwell : le deoublepenser/doublelangage. J’ai le souvenir de n’avoir pas su saisir correctement ce qu’il en était. Alors la paraphrase aurait au moins eu le mérite de m’éclairer sur ce point. Ce ne fût clairement pas le cas. Soit je suis juste trop idiote pour comprendre, soit le manque d’explication était flagrant. Et comme c’est mon blog et donc ma dictature, la première branche de l’option est évidemment inenvisageable 😈

Par moment, pour accentuer une idée et son propos, l’auteur entre dans une énumération de faits entrecoupés de points-virgules. Sur une page entière. C’est long. Et ça noie les quelques exemples nouveaux et intéressants au milieu de tous les autre qui ont déjà été exposés au préalable.

Dans sa partie conclusion, on découvre enfin plus précisément la pensée de Michel Onfray. Boooon pour être honnête, j’ai relevé dans mon carnet tout ce avec quoi je n’étais pas d’accord, et je vais éviter de tout retaper ici, je suis pas sûre que ça ait un réel intérêt. Mais quand même. Juste un ou deux pour le plaisir (le mien, celui de râler). P.192 -> ça commençait pas mal, j’étais assez d’accord sur le fait qu’internet permettait une forme de surveillance des plus abouties, à laquelle les individus se soumettent volontairement sans forcément prendre conscience de tout ce que celà a pour conséquences. Sauf que. Le type part sur un discours de vieux schnock qui m’a fait lever les yeux au ciel et au delà : il critique que les internautes puissent exposer leur opinion sur un livre non lu, un concert auquel ils n’ont même pas assisté… pour ensuite lui-même critiquer les instagrameurs qui mettent en photo leurs repas. Donc si je comprends bien, on est là sur un homme qui critique Instagram sans avoir jamais lui-même installé l’application, au vu de la répulsion que ça lui inspire ? Si ça leur chante aux gens de mettre leur assiette / leur corps / leurs excréments (je reprends son exagératon là) en photo, mais soit ! Que grand bien leur fasse, ils ne dérangent pas autrui pour autant à ce que je sache ? (bon, sauf pour la photo de leur défécation). J’ai également eu beaucoup de mal avec sa critique de la littérature jeunesse, qui là encore me donne l’impression d’avoir affaire un réac. Mais je vais m’arrêter là, ça fait déjà beaucoup de lignes.

Ah et il y a deux principes n°12. Je sais qu’en soit, on s’en fou. Mais ça reste un point négatif comme un autre haha !

 

Pour conclure, c’était pas non plus la catastrophe. On prend ce qu’il y a à prendre (pour ma part, ce sont des petites info par-ci par-là sur le passé politique, rien de bien méchant). Pour le reste… je ne pense pas avoir été amenée à de grandes réflexions. Or c »est pourtant le minimum que j’attends lorsque je lis un essai. Alors, disons que ça peut-être un très bon ouvrage pour quiconque a la flemme (ce qui est un tort en soi) de lire l’oeuvre d’Orwell. Mais dans ce cas-là, sautez l’introduction et la conclusion de Théorie de la dictature.

 

Ce que j’ai aimé relever

Le mot révolution. Initialement, c’est un terme relatif à l’astronomie : une planète qui effectue sa révolution part d’un point, poursuit sa course pour finir au point de départ. Les révolutions de l’Histoire ont toute ramené les sociétés en leur point de départ : des dominants qui changent, mais des dominés qui le restent.

 

Quelques citations

◊ Or, à la manière de Don Juan passant d’une brune à une blonde, avant d’essayer une rousse, et de revenir à une brune, ils ont été fidèles, certes, mais seulement à eux-mêmes.

◊ Faut-il hiérarchiser les abjections quand il s’agit de personnes tuées du simple fait qu’elles sont nées ? [il opère ici un rapprochement entre les crimes contre certaines communautés durant la Seconde Guerre Mondiale, et l’exécution de Louis XVI]

◊ Un ventre vide ne fait pas la révolution pour des idées, c’est une pensée impossible à comprendre pour les intellectuels qui ignorent le réel et vivent dans un monde d’idées pures. 

◊ La haine fait plus vendre que le débat. Elle n’a pas besoin d’un regardeur avec un cerveau, il lui faut juste un sujet pourvu d’un foie pour la bile. 

 


•Plaisir de lecture : 5/10•

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