Sébastien L. Chauzu – Modifié

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Non mais la beauté de cette couverture ! Plus Noël que ça, j’aurai pas en boutique. En tous cas, rien qui ne s’apparente pas à de la RomCom de Noël. BREF ! Il s’agit d’un achat que j’ai fait récemment, la chose se raréfie tant que j’ai trouvé important de le mentionner. Mais ce livre je le voulais, un point c’est tout. Je n’ai pas à me justifier, sauf à mon banquier. Ou mes parents, qui restent à l’origine de mes ressources financières. Pas de regret concernant cet achat, c’est ce qu’il nous faudra retenir. 

 

La quatrième de couverture

Une province du Canada où la neige tombe jour et nuit. Un mari encombrant et une belle-fille insupportable. Un meurtre, une enquête dans un lycée et un riche héritier à sauver.

L’existence de Martha Erwin, une détective au caractère bien trempé et à la carrière peu glorieuse, n’est pas de tout repos. Mais tout ça n’est rien en comparaison de ce qui l’attend avec Modifié, un adolescent différent qui s’invite dans sa vie un soir de tempête.

À l’image des chasse-neiges qu’il rêve de conduire, Modifié va tout emporter dans une avalanche burlesque, obliger Martha à voir le monde à travers son regard et réveiller chez elle des sentiments qu’elle croyait disparus. 

 

« Une semaine plus tard j’ai été cueillie par surprise. Depuis le début de l’après-midi, la neige giflait la ville. Mon SUV n’était pas encore chaussé de pneus neige et le froid avait transformé mes doigts en stalactites. Mais le plus dur était devant moi : je ne savais pas encore que je faisais route vers mon pire cauchemar. »

 

Mon avis

Vous savez, ces romans qui regroupent certaines thématiques que vous savez comme valeur sûres ? Et que, en les lisant, c’est quitte ou double : coup de foudre ou gros flop. Parce que les attentes sont trop importantes, il ne peut y avoir de demi-mesure. ERREUR. La demi-mesure existe, et je vous la présente ici en ce qui me concerne. Et par demi-mesure, attention, je n’entends pas un livre qui m’aurait fait ni chaud ni froid. Ca en revanche, je pense que c’est impossible puisque précisément, il s’agit de sujets qui nous tiennent particulièrement à cœur. Seulement on peut aimer un livre sans l’adorer, tout comme je pense qu’on peut ne pas avoir trop apprécié un tel livre sans pour autant en avoir été entièrement déçu(e). Pour Modifié, je vous le dis tout de go, on est en troisième position sur l’échelle de Chloé*.

* échelle de Chloé : 1- gros flop (aka déception) / 2- pas terrible (aka peut mieux faire) / 3- chouette (aka agréable moment mais on est pas encore au niveau 4) / 4- LA VIE (aka coup de cœur même si je suis pas fan de l’expression pour ma part)

Pour vous donner mes impressions au mieux : j’ai été plus qu’emballée par les premiers chapitres, avec le personnage de Martha qui était en tout point ce que j’adore (dans les bouquins, j’entends). Quand on a commencé à dévier sur cette histoire de meurtre au lycée, j’ai pris un peu peur de la tournure de l’histoire. Peur que ça ne me corresponde plus. Je trouvais que Martha avait perdu de son humour cinglant. Sauf qu’arrivée aux derniers chapitres, tout ça était oublié pour moi. Ce n’était pas sans importance, cependant pour moi, ce n’est pas ce que je retiendrai. Je ne retiendrai que deux choses en fait : Martha et Modifié. Ce que je cherchais dans ce roman. Et ce que j’ai vraiment eu au bout du compte. Peu importe ce qu’il y a eu entre le début et la fin, d’autres lecteurs y auront peut-être davantage trouvé leur compte que moi, et auront possiblement moins apprécié le reste contrairement à moi. Toujours est-il que je galère suffisamment pour parler en mon nom propre, alors je m’épargnerai de parler au nom des autres. Laissez-moi juste dire que si ma lecture n’a pas eu le même tempo tout du long, elle reste une très belle lecture qui m’a fait chaud au cœur. Et elle ne m’a déçue aucunement.

Je ne résiste pas à l’envie de vous parler de Martha, pour qui j’ai eu un coup de foudre. Elle m’a semblée si réaliste, en à peine 260 pages, ce n’est pas toujours chose aisée. Toutes ses facettes m’ont plu : son humour mordant et cynique, mais ça je pense qu’à force vous l’auriez compris (en tous cas, les citations plus bas sont là pour en témoigner), son absence totale d’hypocrisie, quand elle n’apprécie pas quelqu’un, elle le fait savoir, quand elle aide cette personne qu’elle n’apprécie pas, à des fins qui l’arrangent elle-même au final, elle ne s’en cache pas. Sa façon de s’adresser au gamin comme elle l’appelle, sans se préoccuper de sa différence (et là je parle tant de la différence d’âge, que du fait que Modifié n’est pas un petit garçon « comme les autres » … l’affreuse expression). Et puis, ses faiblesses aussi, celles qu’elles ne réfutent pas mais qu’elle préfère ignorer. Son attachement progressif pour Modifié, quand tout le reste du monde commence précisément à ne plus le trouver si mignon que ça. Sa culpabilité, pour tout, envers tout le monde. Comme si elle portait tous les malheurs des autres en silence. Je ne sais pas si j’ai bien cerné le personnage qu’a voulu nous présenter l’auteur, mais la version qui s’est imposée à moi m’a énormément plu.

Mon avis manque cruellement d’info sur Modifié, qui est pourtant, soit dit en passant, le titre du roman (et possiblement aussi celui du livre qu’un des personnages écrit). Un bonhomme des plus attachants c’est certain. Et d’une importance capitale, sans lui, il n’y aurait eu aucune évolution de Martha. Un garçon à qui, comme Martha, on voudrait ébouriffer affectueusement les cheveux, malgré l’impossibilité sociale de l’acte. (Et c’est la partie qui m’a le plus fendu mon petit cœur).

Pour achever de vous convaincre que c’est une chouette lecture, sachez que ça se passe au milieu de mètres de neige au Canada. Et que Modifié porte un bonnet avec oreilles de chien. Je SAIS que ces deux anecdotes sont le rêve de tout un chacun (surtout les oreilles).

 

Ce que j’ai aimé relever

Je me répète, mais la façon dont Martha parlait à Modifié les premiers jours. Avec le même ton sarcastique qu’elle utilise avec l’entourage adulte. Comment vous dire que les enfants sont quand même des êtres à qui échappe beaucoup le second degré. Avec Modifié, c’est vraiment drôle. Et parfois, je me vois un peu en elle !

Le coup du grand-père, grand magnat de la ville, qu’elle tentait de dédiaboliser en l’imaginant vainement avec un « sourire crispé sur les toilettes ». Exactement le conseil que me donnait mon père, à l’époque où je passais un concours de la fonction publique devant un jury et que j’étais morte de trouille à cette idée. Imaginer son jury sur le trône. Spoiler alert : ça ne m’a pas donné mon concours, mais ça avait le mérite d’être un conseil plein de bonnes intentions.

Un passage tout bête, un détail : Martha entre dans l’appartement de Paula et décrit l’endroit à la négative : ça ne ressemblait pas à un studio d’artiste sous les toits de Paris. Ca m’a fait rire, car je ne compte plus les romans où j’ai pu lire une description d’un endroit sans prétention qui rappelait les verrières de peintres pauvres à Paris, blablabla. Là au moins, ce n’était pas ça, c’est intéressant de le souligner haha !

 

Quelques citations

Allan avait deux bichons. Je faisais régulièrement des rêves où les deux bêtes m’attaquaient. Je me défendais avec des couteaux de cuisine et les deux boules de poils finissaient dans le four à micro-ondes ou dans le congélateur. Souvent, je faisais ces rêves en étant éveillée ; il aurait peut-être été plus juste de les appeler des projets.

Le gamin est monté et c’est là que j’ai réalisé ce qui se passait : un gamin venait d’entrer dans ma voiture, sous ma responsabilité ; mon pire cauchemar était en train de se réaliser. Et en plus il parlait.

Les bnichons m’ont suivie jusqu’en haut, je les ai poussés du pied, pas méchamment, juste pour les faire tomber.

Si je ne trouvais pas un coupable, je pouvais faire un trait sur ces billets tout juste sortis de la machine, repassés comme la chemise d’un premier communiant. J’étais bonne pour les fonds de poche, les machins froissés ou à moitié déchirés. Même l’argent puait la lutte des classes. Je me suis demandé ce que faisait les riches de leurs billets usagés. J’ai pas trouvé.

Elle avait déjà réajusté ses prix comme on replace ses seins à l’intérieur d’un soutien-gorge ; le petit geste qui remet en valeur la marchandise.

J’avais trop souvent tendance à vouloir savoir pourquoi les choses se passaient bien. La plupart des gens ne cherchent à comprendre que leurs malheurs et considèrent le bonheur comme une chose naturelle. Pour moi, c’était l’inverse et j’étais fatiguée de mon manège.

Pas plus tard qu’hier, Allan m’avait avoué qu’il écrivait des livres pour s’inventer des amis qu’il n’avait pas envie de côtoyer dans la vie réelle. A bien y réfléchir, je crois que j’étais la plus équilibrée des schizophrènes que je côtoyais.

 


•Mon plaisir de lecture : 8/10•

 

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