Marie-Aude Murail – 3000 façons de dire je t’aime

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Commençons pour de bon notre #MarsAuFéminin. Et quoi de mieux qu’une autrice de renom dans le monde du roman jeunesse ? Pour tout vous avouer, je n’avais lu de Marie-Aude Murail, que Le Hollandais sans peine, en CE2, lecture imposée par la maîtresse. Je me souviens vaguement de l’histoire, parfaitement de la couverture, mais d’aucune émotion particulière. Alors je me dis, comme ça, que peut-être, 26 ans, c’est l’âge parfait pour relire Marie-Aude Murail.

La quatrième de couverture

Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n’aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C’est décidé, ils
seront comédiens !
Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d’art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, Monsieur Jeanson, les
prend tous les trois dans son cours.
Chloé va devoir concilier les cours de théâtre avec le rythme intensif de la classe préparatoire qu’elle vient d’intégrer. Bastien, prêt à tout pour faire rire, pense qu’il suffit de regarder une vidéo de Louis de Funès pour apprendre la tirade d’Harpagon. Le beau et ténébreux Neville a peur de se donner les moyens de son ambition d’être un autre pour savoir enfin qui il est.
Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?

« Nous étions trois collégiens de cinquième et nous venions d’horizons si différents que rien ne nous destinait à nous dire un jour je t’aime. »

 

 

Mon avis

J’ai lu ces 250 pages à une vitesse folle, et pourtant, je n’ai pas du tout l’impression d’avoir lu d’une traite. Au contraire, j’irai même jusqu’à dire que j’ai réussi à faire durer le plaisir, savourant un petit peu chaque jour. C’était rapide, et c’est sûrement pour cette raison que je ne pense pas pouvoir affirmer m’être attachée à Bastien, Chloé et Neville.

C’est très étrange, car en dépit de cette affirmation, j’adore le trio qu’ils forment. Je pense que c’est là toute l’originalité et le talent de l’autrice : ce trio est une entité, un personnage à part entière. Et le coup (magistral) de mettre la narration à la première personne du pluriel dans les seuls moments où c’est le trio qui agit, je trouve ça… ben magistral ! Imaginez un peu, on nous donne du « Bastien…. il….. », du « Chloé….. elle….. » et enfin, vous l’aurez deviné, du « Neville …. il…. », mais du « Nous nous sommes regroupés dans la petite cour intérieure, Ronan et Diane se joignant à notre trio. ». Bon, je conçois que mon explication soit bancale, toutefois, je vous assure que c’est quelque chose d’assez surprenant. Dans le bon sens.

Attention, il n’y a pas que ce trio que l’on suit et voit grandir. Rappelons d’ailleurs que c’est trois personnages et leur amour pour le théâtre. Et le lien, entre tout ça, à savoir Jeanson, leur professeur au Conservatoire de Province. Lui m’a bien plu aussi. Ce type impressionnant, qui pousse à l’admiration, mais qui a ses parts d’ombre sous-entendues et vérifiées, notamment quant aux choix qu’il fera à l’égard de notre trio. Il m’a beaucoup fait penser à mon prof de Culture Gé, durant ma prépa. Un sacré personnage, de ceux qu’on oublie pas si vite. En revanche, j’aurais aimé en apprendre davantage, c’est le seul pour qui j’ai eu ce petit goût d’inachevé. Le mystère autour de son prénom qu’il déteste et que l’on ne nous donne pas, pour un exemple parmi d’autres.

En écrivant, je me rends compte que malgré ces 250 petites pages, malgré ces personnages qu’on quitte aussi vite qu’on les a trouvés, j’ai tellement à dire. Des subtilités me reviennent : chacun des trois éprouve un amour ayant le même objet, mais avec une intensité et une forme complètement différente. Je parle de leur amour pour le théâtre, bien sûr, mais pas que… Et c’est là toute mon admiration pour l’autrice qui a fini de m’achever : on a de quoi se la péter en France, avec nos romans jeunesse vachement plus modernes. Et qui n’ont pas peur d’amener les perso là où la majorité évite d’aller. Les relations amoureuses de 3000 façons de dire je t’aime ont clairement détrôné celles de mon dernier roman jeunesse lu, d’une autrice américaine. Et qu’on ne me fasse pas croire que cette différence découle de la date de parution plus récente du roman français, 2013, on admettait à peine le mariage homosexuel pour rappel. 

 

 

 

Mon avis

Ce que j’ai aimé relever

Retour de mon égocentrisme dans 5, 4, 3… La famille de Chloé partait toujours en vacances en voiture. Avec en fond sonore, le CD d’Emilie Jolie. Moi c’était pareil ! Je m’appelle Chloé, et on écoutait la version 1998. Quelle nostalgie, je suis à deux doigts de lancer la playlist sur Spotify (je réfléchis sérieusement à vous mettre un lien vers ma chansons préf. En fait c’est déjà fait, juste là, my pleasure). 

Là, je vais partir encore plus loin, juste une note pour moi-même, même mes parents me suivront plus. Donc là, on a un passage du roman :

_ Le père de Chimène a flanqué une paire de claques au père de Rodrigue.

_ Ca fait beaucoup de pères. 

Et là, on a un passage de mon journal n°5, le Lundi 17 janvier 2011 :

Lisa : _ Notre soirée ! Comme ça on fera l’anniv de Matou, celui de Chazou et même celui de Tristan en même temps ! Même si lui est né en janvier.

Moi : _ Les triples cadeaux, n’y pense même pas !

Adri : _ Ca fait beaucoup de mêmes.

Véridique ! Je n’en reviens pas. J’ai perdu quinze minutes à retrouver ce passage dans mes journaux, mais je suis ravie de cette découverte, et de ma plutôt bonne mémoire. 

 


•Plaisir de lecture : 8,5/10•

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