Qiu Xiaolong – La Bonne fortune de monsieur Ma

♦♦

Cela faisait bien trop longtemps que je n’avais pas désigné au hasard une étagère de la médiathèque en me disant « prenons un livre par ici ». En fait non, je commence déjà à mentir. J’ai choisi l’étagère consciemment : les auteurs en « Q ». Parce que je n’en avais encore aucun dans mon Index (non je n’ai pas triché, Qiu est bien le nom de famille, en Chine on décline son identité ainsi). Et il se trouve messieurs dames, que sans en avoir l’intention (réellement cette fois-ci) j’entre (presque) dans le challenge #Maiennouvelles organisé par @Hopsouslacouette et @Theflyingelectra. Je dis « presque », car c’est une nouvelle et non un recueil. M’enfin le mois de mai n’est pas encore terminé après tout, il me reste du temps !

 

La quatrième de couverture

«C’est une invention bien connue de conspirer contre le Parti avec des romans», a dit le président Mao. Un précepte que méditent les habitants de la cité lorsque monsieur Ma, le libraire, est arrêté un soir de l’hiver 1962. Son crime? Posséder dans ses rayons un roman étranger à propos d’un certain docteur russe. Sa peine? Trente ans d’emprisonnement pour «activités contre-révolutionnaires». Vingt ans plus tard, Ma est libéré. La Révolution culturelle est loin, Mao est mort, les autorités encouragent l’initiative privée. Que pourrait faire le vieux Ma après tant d’années de prison? Contre toute attente, son nouveau commerce est un succès. Une reconversion à mille lieues de la littérature. Quoique…

 

 

« Ceci est le dernier Bulletin d’information de la cité de la Poussière Rouge pour l’année 1962. »

 

Mon avis

Ces quelques pages ont fait leur effet. Non pas que l’histoire ait quelque chose de véritablement prenant. Le résumé du dessus fait miroiter quelque chose de l’ordre du mystère, et c’est vrai qu’il y a du mystère, mais ce n’est pas ce qui fait le plaisir du texte, du moins pour moi. Je me suis simplement aperçue que je voulais en connaître davantage sur la période maoïste, et même après.

J’ai donc vu dans cette nouvelle, une sorte d’entrée en matière plutôt plaisante. Il me faudra me tourner à nouveau vers l’auteur. Même si son genre est plutôt le roman policier, je sais très bien que l’intrigue policière ne sera qu’un prétexte pour présenter au lecteur la vie politique et la culture chinoise. Et là, je dis oui.

Si vous avez quelques conseils de romans/nouvelles mettant en lumière la Chine contemporaine, je suis bien évidemment preneuse !

 

 

Ce que j’ai aimé relever

Les petits proverbes, adages et maximes ça et là :

  •  Lire des livres est toujours profitable (Monsieur Ma)
  •  Une beauté sort des livres, et un trésor apparaît (Monsieur Ma)
  • Dans un ruisseau asséché, deux carpes s’enduisent mutuellement de leur salive 
  •  On ne put pas prévoir comment tournera le vent
  •  Certaines choses font qu’un homme n’est pas un bon fils, et ne pas avoir de descendance est la plus grave (Confucius)
  • Il est nécessaire de parler de la lutte des classes chaque année, chaque mois, chaque jour ! (Mao)
  •  C’est une invention bien connue de conspirer contre le Parti avec des romans (Mao)
  •  Il n’est pas facile d’être ignorant (Zheng Banqio)
  •  Dès qu’un homme commence à lire et à écrire, il s’égare totalement
  •  Il faut regarder devant, pas derrière (Le Parti)
  •  Un vieux cheval connaît toujours le chemin
  •  A quelque chose malheur est bon (Dicton anglais)
  •  Quand le vieil homme de Sai perd son cheval, ce n’est pas nécessairement un mal, car le cheval perdu ramène avec lui un autre cheval

Des moments de l’histoire :

  •  Les campagnes des Anti : les Trois Anti, destinée à lutter contre la corruption, le gaspillage et la bureaucratisation. Celle des Cinq Anti, qui s’opposait à la bourgeoisie économique
  •  Famille noire : étiquette générique donnée à tout individu dont les origines de classe, les propos ou les actions étaient jugés condamnables, entraînant sa mise au ban durant la Révolution culturelle.

 

 

Quelques citations

◊ Dans ces années-là, il était fréquent qu’une femme dénonce son mari en difficulté puis divorce.

◊ Là-bas, à Pékin, Mao répéta sa mise en garde contre une possible restauration du capitalisme à travers la littérature et l’art. 

 


•Ma note : 8/10•

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