Jim Thompson – Liberté sous condition

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Note à moi-même : ne jamais se fier à une quatrième de couverture qui se révèle au final n’être qu’un passage tiré du roman. Déjà parce que c’est une preuve de flemme assez prononcée, mais surtout, parce que ça  ne reflète rarement ce qu’il en est vraiment. Voyez un peu :

 

L’histoire : « Doc Luther pensait qu’il était parvenu à ne plus s’émouvoir du spectacle de la corruption. Et pourtant Sandstone ne manquait jamais de le révolter. Ce n’était pas une prison. C’était un asile d’aliénés dont le directeur, et non les pensionnaires, était fou à lier. Il n’y avait qu’une façon de survivre là-bas se montrer encore plus dur que le directeur et avoir un esprit plus tordu que le sien. »

Là où moi, j’aurai plutôt parlé de Red/Pat, qui obtient sa conditionnelle grâce à Doc Luther. Mais la générosité a ses limites, quelles sont les véritables intentions du Doc, et quel avenir réserve-t-il à Pat ? Bref, autrement dit, il n’est jamais question de la prison en elle-même, et encore moins du directeur et des pensionnaires !

 

« Dans notre état, le bipartisme n’existe pas. Les gens ne votent pas pour quelqu’un, ils votent contre. »

 

Mon avis : Mais quelle déception ! Que ce soit la faute du titre, du résumé ci-dessus ou encore de la mini biographie de l’auteur décrit comme un des plus grands auteurs de romans noirs. On m’a promis de l’innocence, de la politique, de l’amour et de la corruption non de non ! Certes, les quatre y sont. Mais malgré ces merveilleux ingrédients, le cocktail s’est révélé plutôt fade.

Je lisais en me disant « oh, allez Chloé, pousse un peu plus loin, je suis sûre qu’à un moment, ça va être vraiment fou comme histoire ! ». Ben j’attends encore. Mais plus j’y réfléchis, et plus je me dis que ç’aurait fait un excellent film. Y’a de l’action (même si elle m’a plutôt ennuyée, l’emploi du « je » narratif était pas un choix super judicieux), et du mystère. Beaucoup de mystère. TROP de mystère (tue le mystère). Dans les dialogues, les perso ne parlent que par des sous-entendus pour lesquels je n’ai quasi jamais capté le sens caché. Et quand on a des passages de narration, on est dans la tête de Red, dans ses pensées qui sont jamais abouties. Du style : « mais pourquoi ce type sort de cette maison. Se pourrait-il que… Mais oui, c’est ça. » Et voilà, vous n’aurez pas plus. Côté suspense, on fait pas mieux. Mais du coup, on se lasse de l’histoire, c’est assez contre-productif.

Tout ça pour dire que je comptais beaucoup sur la chute, que j’espérais monumentale, histoire de faire passer la pilule concernant cette histoire incompréhensible. Un loupé là aussi : elle m’a fait ni chaud ni froid cette fin. Peut-être parce que 200 pages, c’est trop court pour s’attacher aux différents protagonistes, en dehors de Red.

 

« Tout homme possède son punctum caecum ; une chose pour laquelle il est prêt à tuer. »

 

Ce que j’ai aimé relever : J’ai beaucoup de mal à comprendre le système politique et judiciaire des américains. Le principe d’élection des juges me dépasse, attention je ne le critique nullement, c’est juste que ça ne correspond pas du tout à notre vision française. Mais peut-être que justement, à cause de mes lacunes sur la question, je suis un peu passée à côté de l’ampleur de cette histoire de corruption.

Quelque chose m’a manqué dans ma lecture, et cette absence m’a beaucoup étonnée. Red est un détenu qui a fait 15 ans et à qui est donnée une liberté conditionnelle. Il avait 17 ans a moment des faits pour lesquels il a été condamné. Et pourtant, il s’est adapté à une vitesse folle, il est même devenu un sacré pilote de voiture dans certaines scènes ! Ca manquait beaucoup de réalisme, et puis j’avoue que j’aurai aimé avoir quelques anecdotes sur les difficultés de sa réinsertion.

Un petit moment drôle dans ma lecture. A deux pages de la fin, un des bonhomme s’exclame de la sorte : « Arrêtez de parler par énigmes ! ». Pardon ?! Dis donc, si quelqu’un était en droit de râler de la sorte ici, je pense quand même que c’était moi.

 

Quelques citations :

◊ Cela me gêne d’essayer de la décrire car il est bien rare que les caractéristiques physiques de quelqu’un donnent une image aussi fidèle de ce que cette personne est réellement.
◊ Je ne sais pas à quoi ça tient. Mais quand on refile un pistolet à quelqu’un il n’a plus qu’une hâte, c’est de s’en servir.
◊ Je le lui redis entièrement à deux reprises, lui expliquant tout en détails. Parce que c’était assez simple mais qu’elle l’était aussi.
◊ L’une des pires choses que la prison puisse vous faire, c’est de vous inculquer le sentiment d’être perpétuellement en faute ; que les autres sont habilités à faire de vous ce qu’ils veulent alors que tout ce que vous pouvez faire, vous, que ce soit par erreur ou non, est absolument inexcusable.

 


•Ma note : 8/20•

 

 

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