Savina Dolores Massa – Ma Fille Folie

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Premier mois de l’année, premier #varionsleséditions de 2020 ! J’aime beaucoup trop ce challenge. D’aucuns pourraient penser que c’est parce que je découvre ainsi de nouvelles maisons d’édition (c’est le but même du challenge à vrai dire). Le problème, c’est que de 1, je ne suis pas très regardante sur les ME en règle générale, je lis de tout un peu partout, et surtout de 2, je suis bien plus simplette que ça, puisque mon réel plaisir, c’est de regarder tous les bouquins de ma médiathèque qui entrent dans le challenge du mois, et choisir. Oui, choisir, c’est grisant.

 

La quatrième de couverture

Ma Fille folie, qui a fait scandale à sa sortie en Italie, déprogrammé pour ses propos censément pornographiques, est un roman étrange et drôle. Sans dénouer ce qui des propos et constatations de Maddalenina relève du délire ou de la réalité, il propose à la fois une lecture du corps féminin dénué de tout fantasme – un corps malade, dur et sec en opposition totale avec celui sain, tendre et généreux de la Mère –, empêtré dans un fantasme de maternité –, et un tableau des villages sardes des montagnes qui, fermés sur eux-même, marginalisent les faibles. 

Femme marginalisée par les habitants du village sarde où elle habite, Maddalenina, analphabète, dont le seul revenu est une pension d’invalidité, vit, après la mort de ses parents, dans une solitude joyeuse. Le jour de son cinquantième anniversaire, elle comprend que le moment est venu pour elle d’enfanter. Après avoir entendu les noms chantés de trois géniteurs impossibles (le premier a été émasculé par un taureau, le deuxième est un vieux professeur qui a toujours préféré les marins violents aux femmes et le troisième un adolescent de 15 ans qui cherche par tous les moyens d’échapper à la malédiction familiale qui voit tous ses membres vivre jusqu’à cent ans) et avoir recueilli les conseils de Maria Carta, une « guérisseuse », Maddalenina voit son ventre grossir et pense son rêve en bonne voie de réalisation. 

Les langues que Savina Dolores Massa déploie dans ce récit burlesque mettent en lumière les différentes réalités qui composent la vie de Maddalenina. Plus encore, elles mettent en scène, au travers de l’instrumentalisation des figures religieuses – la Vierge, la Trinité et le cierge –, les rapports ambigus qu’entretiennent ces êtres perdus et en marge avec la société conservatrice et religieuse qu’ils hantent. Ainsi le langage simple et accidenté des questions de Maddalenina répond à celui abstrait et construit de ses interlocuteurs, reflétant ainsi les relations qu’entretiennent les croyants et leur texte, ceux qui ne savent pas et ceux qui savent, les dominés et les dominants.

 

 

 « En janvier, au début du cinquantième anniversaire de sa vie, Maddalenina jugea qu’était venu le temps de faire son premier enfant. »

 

 

Mon avis

Comment ça vous n’avez pas lu l’entièreté du résumé que je vous ai retranscrit ? Vous êtes pardonnés, mais avouez que ça parait clairement fun non ? Plongez vos mirettes dans ledit bouquin, et je vous assure que le fun aura pris une tournure plutôt flippante. Franchement, je n’ai pas trop les mots. Je suis passée à côté de l’histoire, ça c’est un fait certain. Et je m’en veux un peu, car lorsque j’ai lu les dernières pages (après avoir survolé un bon quart) j’ai compris qu’on avait là une révélation plutôt forte. Un retournement de situation, une chute, bref, un truc qui aurait dû me plaire. Mais c’était déjà trop tard, je m’étais trop détachée du roman et de ses personnages.

En même temps, il y a eu trop de choses qui m’ont bloquée. Le délire sur les selles de Maddalenina. Pas. Mon. Délire. Et j’ai pas compris les répétitions de certains mots lorsqu’elle s’exprime. Le mot est en double, sauf que son double est en italique. Et que ça peut être tout et n’importe quoi comme mot, notamment « la ». Rien de grave je suis d’accord, mais ça a ajouté à mon agacement.

Pendant mon survolage, j’avoue cependant qu’il y a eu un passage grotesque mais qui a eu le mérite de me plaire (suffisamment rare pour le souligner donc). Je lisais ce chapitre (pourquoi lui plutôt qu’un autre, j’en sais fichtrement rien), et j’ai eu un temps d’arrêt. Car ce n’était ni Maddalenina qui en était le narrateur, ni Maria Carta, ni même l’un des trois maris et futurs pères (NON ceci n’est certainement pas un remake de Mamma Mia. Respectons mon film favoris de tous les temps svp). Le narrateur n’est autre que.. le père biologique, j’ai nommé notre saint cierge caché dans l’armoire ! Pardon pour le spoil, mais ne vous arrêtez pas à cette découverte, vous en aurez de bien pires.

Pour conclure, j’ai mis six siècles à lire ce livre de même pas 200 pages. Et en l’ayant survolé à quelques passages. Et je m’en veux un peu, car j’avais pris un autre roman de chez les éditions de L’Ogre, des fois que je lise à toute allure et ait encore le temps d’en lire un second dans le mois (c’est à se demander si je me connais pas encore, après 24 ans de vie commune avec moi-même). Et bien je me demande si j’aurais pas mieux fait de m’attaquer direct à cet autre, qui avait l’air moins loufoque et plus à mon goût (il s’agit de Safe, si vous l’avez lu, venez donc me dire si j’ai en effet commis une grossière erreur ou pas, en le laissant de côté). Pas une réussite en somme, cette lecture.

 

Quelques citations

◊ Elle s’assit à table pour le petit-déjeuner et se prépara à tomber amoureuse. 

◊ La vie devrait nous en donner deux, des possibilités. La première juste pour apprendre, et l’autre pour exister en comprenant. 

◊ Moi je tombais toujours, petite comme grande, parce que si je me mettais à me regarder les pieds pour faire attention à pas trébucher, à quoi ça servait que je sorte ? Les pieds, je pouvais tout aussi bien me les regarder à la maison. 

 


•Plaisir de lecture : 4/10•

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