Valérie Perrin – Changer l’eau des fleurs

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De ma vie de lectrice, je n’ai jamais autant fait traîner un livre. Je l’ai débuté en novembre 2019, c’est vous dire. Et comme on peut s’en douter, c’est pas franchement bon signe…

La quatrième de couverture

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?

 

« Mes voisins de palier n’ont pas froid aux yeux. Ils n’ont pas de soucis, ne tombent pas amoureux, ne se rongent pas les ongles, ne croient pas au hasard, ne font pas de promesses, de bruit, n’ont pas de sécurité sociale, ne pleurent pas, ne cherchent pas leurs clés, leurs lunettes, la télécommande, leurs enfants, le bonheur. »

Mon avis

Je ne sais plus trop où commencer. Commençons par le positif : on avait plein de belles promesses pour moi. Une héroïne du nom de Violette (j’aime les noms de fleurs, et j’ai une amie qui a ce doux prénom héhé!), gardienne de cimetière (j’adore les cimetières), dans la Bourgogne profonde (j’ad.. non je plaisante. J’ai juste ma meilleure amie d’enfance qui vit désormais là-bas). Une histoire de vie parmi les morts. Le problème, c’est que tous ces points positifs n’ont fait qu’accentuer la déception, forcément.

Pour ce qui n’a pas matché, je ne vais pas tourner autour du pot, c’est l’écriture. Elle m’a dérangée sans forcément que je trouve un défaut particulier. Ou alors peut-être que tout était trop « à peu près » pour moi. Le Jean-Michel Apeuprès du roman. Les citations en début de chapitre, on adore, mais c’est a peu près parfait car c’était niais ou dépourvu de sens ou sans relation avec le chapitre. Et parfois, un cocktail de tout ça. De même avec les petites références musicales. Ce sont des titres que je connais, que j’adore pour la plupart, mais ça me parait forcé. Fallait le placer, donc ça a été placé. Et enfin le coup fatal : l’excellente idée de pointer un excellent vin de bourgogne, le Volnay (NB : nom du village de la copine citée plus haut. NB bis : pas celle qui s’appelle Violette). Et il n’y avait pas de majuscule au V. C’est du détail certes, mais ça peut faire la différence.

Bon et plus sérieusement, l’histoire ne m’a pas transportée, les personnages n’ont pas su me toucher. Je ne les détestais pas, et c’est bien ça le problème, ils me laissaient juste indifférente. Et puis, avoir étalé ma lecture sur plusieurs mois m’a coûté de ne plus me souvenir qui était notamment Célia et quel avait été son rôle dans la vie de Violette. Mais ça, faut reconnaître que c’est un peu de ma faute. Totalement même.

Ca n’a pas été une mauvaise lecture, seulement une lecture chronophage. Et je ne comprends pas tous les coups de coeur chez nombre de lecteurs et lectrices. Surtout que pour une fois, je ne crois pas que le problème vienne uniquement de moi.

Ce que j’ai aimé relever

Violette aime les filles avec des prénoms de garçons. Tout pareil pour moi (si ce n’est que le prénom dont il est question ne me plait absolument pas en l’occurrence. Rappelez-vous : Jean-Michel Apeuprès. Qui n’est pas le nom masculin en question, faut suivre.)

Saviez-vous qu’on dit « chambre funéraire » pour les établissements privés, et chambre « mortuaire » pour des sites publics type hopitaux ? Maintenant, vous le savez. Bon, faut savoir que j’avais déposé mon post-it sur ce passage durant mes débuts de lecture, en automne, et que je redécouvre l’information à l’instant…

Les saints de glace, les 11, 12 et 13 mai (dont les noms ne correspondent plus avec ceux des calendriers catholiques actuels) sont craints par les jardiniers et agriculteurs pour cause de gelées, on s’en serait douté.

Y’a un truc que j’ai kiffé. Avec aucun défaut. La reprise parodié du Notre père par Philippe Toussaint. Moi vous savez, quand ça dénigre avec humour la religion, je ne dis pas non ! Je vous la proposerai bien en cadeau, sauf que je la trouve pas sur internet pour la copier/coller et que je n’ai pas la foi de la retaper mot à mot (et le jeu de mot est on ne peut plus voulu). Mais avant ça, faisons un dernier rappel pour… le seul, le grand, l’unique… Jean-Michel Apeuprès ! Je n’ai pas compris l’intérêt de replacer ce Notre Père quelques chapitres plus loin, pour le fun.

Quelqu’un pour me traduire cette comparaison, qui sonne bien à l’oreille mais qui est un non-sens total pour moi ? « Mettre la main dans les cheveux d’un enfant, c’est comme marcher sur les feuilles mortes en forêt quand débute le printemps ». Dans mon imaginaire à moi en tous cas, ça n’a rien d’un compliment pour le mioche, qui semble avoir la chevelure bien sèche.

Quelques citations

◊ Et puis, il y a notre curé, Cédric Duras. Dieu a du goût, à défaut d’être toujours juste.
◊ C’est important de mettre des photos sur les tombes. Sinon, on n’est plus qu’un nom. La mort emporte aussi les visages.


•Plaisir de lecture : 5,5/10•

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